Assemblée nationale. Macron impose le passe vaccinal et une société à deux vitesses

Le ministre de la Santé, Olivier Véran, lors de l’examen du projet de loi à l’Assemblée nationale, le 3 janvier. Sarah Meyssonnier/Reuters
 

Les députés, convoqués en urgence, devaient voter la nuit dernière la transformation au 15 janvier du passe sanitaire en passe vaccinal. Élus PCF et FI ont voté contre un texte qui vise à « contraindre sans convaincre ».

 

Au moment d’appeler les députés à transformer le passe sanitaire en passe vaccinal, Olivier Véran s’est voulu grave : « Chaque seconde, plus de deux Français sont contaminés par le Covid et diagnostiqués comme tels. Le raz-de-marée est vertigineux. » C’est pourquoi le ministre de la Santé a présenté un douzième texte de loi visant à lutter contre la pandémie et à encourager la vaccination. À l’entendre, son contenu permettrait d’ « éviter des choix plus brutaux », tel un confinement. Olivier Véran assure également qu’il ne s’agit pas d’une loi « contre les libertés », mais « pour sauver des vies, protéger nos hôpitaux et soulager la charge de travail des soignants ». Ce texte, qui devait sans surprise être voté dans la nuit de lundi à mardi, instaure pourtant des interdictions aux personnes non vaccinées : interdiction d’accès aux activités de loisirs, dont les théâtres et cinémas ; interdiction d’accès aux restaurants et bars ; interdiction d’accès aux transports publics interrégionaux.

Contrôles d’identité à-tout-va

Dès son examen en commission, entre Noël et le jour de l’An, les élus communistes avaient fait savoir qu’ils voteraient contre. « Nous partageons depuis le début cette conviction que la vaccination est à la fois un bienfait pour nous-mêmes et un acte de protection collective. Nous revendiquons des moyens pour aller vers les plus inquiets, les plus fragiles, les plus éloignés. Nous partageons l’impérieuse nécessité de renforcer la campagne vaccinale, mais nous ne sommes pas favorables à tout acte d’autorité, voire d’autorit arisme, de nature à fracturer, à cliver chaque jour un peu plus la société française », avait déclaré Sébastien Jumel, pour qui le gouvernement ne cesse de « durcir à chaque étape des atteintes fondamentales aux libertés individuelles sans jamais tirer le bilan de leur efficacité dans la lutte contre le virus ».

Le député PCF s’est de plus indigné contre une autre disposition du texte : celle de permettre les contrôles d’identité « par des personnes non dépositaires d’une mission d’ordre public, ce qui est contraire à l’État de droit ». Le projet de loi prévoit en effet que toutes les personnes devant demander la présentation d’un passe vaccinal pourront réclamer la présentation d’une pièce d’identité. Tous les groupes de gauche, ainsi que les députés LR, ont appelé à faire marche arrière sur le sujet, sans succès. Tous les groupes de gauche ont également appelé à stopper les fermetures de lits dans les hôpitaux, et à lever les brevets sur les vaccins afin de permettre une vaccination mondiale et rapide, mettant fin au développement permanent de nouveaux variants. La fin des remboursements des tests pour les non-vaccinés a elle aussi été dénoncée. En vain.

Entre autres reproches, la députée PS Cécile Untermaier a estimé que ce texte « ne traite pas de cette fracture que nous ne voulons pas dans notre pays : les 5 millions de non-vaccinés ne sont pas nos ennemis. La frilosité par rapport au vaccin ARN est toujours là. Beaucoup attendent d’autres vaccins et beaucoup de vaccinés s’inquiètent d’un rappel tous les trois mois ». L’élue indique en outre qu’elle n’a pas constaté « une augmentation significative des primo-vaccinations après l’annonce du passe vaccinal, malgré la déferlante Omicron ». Pour autant, les parlementaires PS ont annoncé leur volonté de voter pour ce texte, « par principe ». Même son de cloche du côté des députés LR. « Beaucoup de Français se posent des questions sur l’accumulation des mesures inadaptées prises par le gouvernement et sur les contraintes qui se rajoutent les unes aux autres », a annoncé Ian Boucard, dont le groupe a pourtant prévu de voter le texte.

Comme les communistes et les députés Libertés et territoires, les élus insoumis ont par contre souhaité le repousser. « Vous nous avez convoqués pour valider votre décision de créer deux catégories de citoyens dans notre pays : les vaccinés et les non-vaccinés », s’est alarmée Mathilde Panot. « Qui est responsable du chômage ? Les chômeurs ! De la pauvreté ? Les pauvres ! De la maladie ? Les malades ! » a ironisé Jean-Luc Mélenchon, dénonçant un texte qui avance vers une « société totalitaire ». Enfin, la proposition de ­Sébastien Jumel visant à ce que chaque non-vacciné soit rencontré par un professionnel de santé a pour sa part été ignorée par le gouvernement.

Source : https://www.humanite.fr/politique/coronavirus-covid-19/assemblee-nationale-macron-impose-le-passe-vaccinal-et-une-societe

One thought on “Assemblée nationale. Macron impose le passe vaccinal et une société à deux vitesses

  • C’était courru d’avance, le pass vaccinal de la honte est vote, la dictature se dessine de plus en plus.
    Les vaccinés pensent être à l’abri de ces fous furieux mais demain ce sera leur tour jusqu’à ce que la population s’aperçoive que l’on les manipule.
    Des gens vaccinés qui transmettent le virus sont mieux que des non vaccinés qui peuvent le transmettre, ou est l’erreur ???????
    Avant qu’il ne soit trop tard, pensez bien pour qui vous allez voter aux prochaines élections, 5 ans de plus avec la macronie et la France ressemblera à la Chine ou à l’ancienne Russie, le seul droit que vous aurez sera de vous taire et de tout accepter, contrôles policiers, contrôles sanitaires, contrôles financiers… etc…

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