Au Royaume-Uni, de jeunes volontaires infectés au nom de l’intérêt collectif

Une équipe britannique a délibérément infecté trente-six jeunes adultes en bonne santé dans l’espoir d’accélérer, à l’avenir, la mise au point de nouveaux vaccins ou traitements. La méthode suscite un âpre débat éthique et scientifique.

SÉVERIN POUR « LE MONDE »

Dans quelle mesure peut-on, au nom de l’intérêt collectif, mettre en péril la santé de quelques-uns ? La question peut être traduite en langage Covid-19 : le risque qu’on fait courir à de jeunes adultes en bonne santé, en leur inoculant délibérément le virus SARS-CoV-2, est-il justifié par les éventuels bénéfices pour l’humanité dans la lutte contre la pandémie ?

Dès le printemps 2020, le débat a été lancé. Moins de deux ans plus tard, le pas a été franchi. Au Royaume-Uni, trente-six volontaires (vingt-six hommes, dix femmes) en bonne santé, âgés de 18 à 30 ans, ont été exposés au SARS-CoV-2. Puis le coronavirus a été traqué et pesé durant deux semaines dans leur organisme. Les résultats de ce tout premier « challenge infectieux » ont été divulgués en preprint mercredi 2 février.

Approuvée par un comité d’éthique britannique, pilotée par une équipe réputée de l’Imperial College, à Londres, en partenariat avec le ministère britannique de la santé, cette étude pilote visait d’abord à démontrer la faisabilité de l’approche et son absence de risque – du moins, sur le petit effectif de personnes enrôlées. Les participants ont été attentivement suivis au Royal Free Hospital de Londres et par la start-up hVivo, experte en challenges infectieux contre d’autres microbes pathogènes.

Les trente-six volontaires n’avaient été ni vaccinés contre le Covid-19 ni déjà infectés par le SARS-CoV-2. Tous ont reçu la même dose de virus – elle a été introduite par gouttes dans le nez – soit « la plus faible dose susceptible de provoquer une infection, analogue à la quantité trouvée dans une gouttelette de liquide nasal des personnes les plus infectieuses », précisent les auteurs de l’étude. Tous ont reçu la même souche du SARS-CoV-2, proche de celle trouvée à Wuhan, en Chine.

Source : https://www.lemonde.fr/planete/article/2022/02/08/covid-19-au-royaume-uni-de-jeunes-volontaires-infectes-au-nom-de-l-interet-collectif_6112727_3244.html

2 thoughts on “Au Royaume-Uni, de jeunes volontaires infectés au nom de l’intérêt collectif

  • Si on considère que ce virus n’existe que sous forme informatique et n’est pas reconnu par le postulat de koch , comment pourrait on l’innoculer dans le corps ?

  • J’avoue aussi une curiosité certaine sur ce qui a été inoculé réellement..

    Amusant, en lisant le pré-print, on voit que certains ont reçu de Redemsivir à titre préventif et que 60% de ceux-ci ont été classés comme infectés 😀
    (“Of the first 10 participants prospectively assigned to receive pre-emptive remdesivir on PCR-confirmed infection, 6 became infected.”)
    Mais comme l’échantillon n’était pas statistiquement significatif, cela n’est pas probant (bien plus loin dans le texte: “However, no statistically significant effect on viral load or symptoms was detectable in this small cohort. Field data have questioned the effectiveness of remdesivir in the hospitalised patient setting29 but antiviral treatment is commonly more effective early in the course of infection.”)

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