Bientôt un “passeport batterie” pour les voitures électriques en Europe ?

Plusieurs grandes entreprises allemandes, dont BMW, forment un consortium pour la mise en place d’un “passeport batteries”. Objectif : s’assurer que leur production ne dépasse pas un certain seuil d’émissions de CO2.

Petit à petit, l’idée fait son chemin : la batterie d’une voiture électrique doit avoir une traçabilité accessible et des composants “durables”, à la production la plus locale possible et avec le plus haut taux de métaux recyclés. Du côté de Bruxelles, on réfléchit ainsi vivement à mettre en place ce que l’on appelle déjà le “passeport batteries”, avec une limite d’émissions de carbone à ne pas dépasser pour qu’elles puissent être implantées dans des voitures vendues chez nous à moyen et long terme.

Le passeport batteries bientôt voté ?

 

La production de batterie est polluante. Pour réduire son empreinte carbone et, au passage, la dépendance aux producteurs asiatiques, les Européens devront miser sur le recyclage.© Ford

Le Conseil de l’UE a récemment communiqué sur le sujet : “la position de négociation du Conseil conserve tout en les renforçant les principes fondamentaux de la proposition initiale de la Commission, notamment le “passeport de la batterie”, des restrictions strictes pour les substances dangereuses, une empreinte carbone pour les batteries, une responsabilité élargie des producteurs, l’obligation pour les nouvelles batteries de contenir des matières recyclées et la mise en place d’un devoir de vigilance pour les chaînes d’approvisionnement”.

La prochaine étape est une négociation entre le Parlement et le Conseil pour “progresser vers un accord sur le texte final”, qui devrait définitivement mettre un cadre légal sur les batteries de voitures électriques. D’ici 2027, les constructeurs devraient en effet répondre à des limites de CO2 sur la production d’une batterie ! En clair, il ne sera plus question de faire n’importe quoi : ils devront choisir leurs fournisseurs, et miser de plus en plus sur les métaux recyclés. Et d’ailleurs, selon un récent rapport européen, “le recyclage est le meilleur moyen pour l’Europe d’améliorer son autosuffisance à long terme et pourrait répondre à 45 à 65 % des besoins européens en métaux de base d’ici 2050“. Et même 75 % pour le lithium et les terres rares…

Il faudra en tout cas bien cela pour éviter de graves pénuries : actuellement, la transition énergétique mondiale progresserait plus vite que les projets miniers pour extraire les métaux indispensables à la fabrication de batteries, de panneaux photovoltaïques ou d’éoliennes.

Un code QR pour mieux connaître sa batterie ?

Certaines grandes entreprises allemandes n’ont pas attendu une décision de l’Europe pour lancer un “passeport batteries”. Umicore, BASF et BMW se sont associés pour fonder un consortium de grands industriels, financé à hauteur de 8,2 millions d’euros pour fonder les premiers standards posant les jalons du passeport. Et parmi eux, l’éventualité d’un code QR sur la batterie, facilement repérable, qui permettrait à n’importe quel propriétaire de véhicule ou gestionnaire de flottes de connaître la composition de la batterie, comme la liste des ingrédients au dos d’un produit alimentaire. La base de données comporterait notamment le taux de matières premières recyclées utilisées pour fabriquer la batterie. Evidemment, nous ne sommes qu’aux prémices de cette classification des batteries qui ne devrait réellement prendre de l’ampleur qu’à l’approche de la fin de la décennie. Mais, déjà, les constructeurs sont prévenus.

Source : https://www.automobile-magazine.fr/economie-politique/article/33628-bientot-un-passeport-batterie-pour-les-voitures-electriques-en-europe