Brésil : des milliers de partisans de Bolsonaro exigent une intervention de l’armée

Un partisan du président brésilien Jair Bolsonaro participe à une manifestation pour demander une intervention fédérale devant le commandement de l'armée à Porto Alegre, Rio Grande do Sul, Brésil, le 2 novembre 2022.

Des milliers de Brésiliens ont manifesté dans tout le pays pour demander une intervention de l’armée après la défaite électorale de Bolsonaro, qui a accusé un retard d’un peu plus de deux millions de suffrages par rapport à son rival de gauche, Lula.

Au lendemain de l’allocution du président brésilien sortant Jair Bolsonaro, des milliers de ses partisans se sont rassemblés ce 2 novembre devant les commandements militaires à Sao Paulo, Brasilia ou encore à Rio, afin de réclamer une intervention de l’armée aux cris de «intervention fédérale tout de suite» ainsi que «Lula, voleur, ta place est en prison». 

Comme le rapporte l’AFP, le flot de protestataires a pris une ampleur particulière à Sao Paulo, la plus grande métropole du Brésil, en ce jour férié dans le pays.

Des manifestants bloquaient par ailleurs toujours des routes dans plus de la moitié des Etats du Brésil, mais les barrages étaient moins nombreux que la veille. La police de la route fédérale (PRF) a annoncé avoir enregistré dans le pays plus de 167 barrages, contre 271 la veille, après l’allocution de Jair Bolsonaro.

Des manifestants encouragés par le discours du président sortant ?

La PRF a expliqué avoir dispersé quelque 563 manifestations depuis le début de la semaine. La police a dû faire usage de gaz lacrymogène à plusieurs reprises pour lever des barrages routiers, notamment dans le Sud, qui a voté majoritairement pour le président sortant.

Le 1er novembre, Jair Bolsonaro a rompu un lourd silence de deux jours pour dire qu’il «respecterait» la Constitution. Il a alors donné le feu vert à la transition avec son successeur de gauche Lula, sans pour autant reconnaître explicitement sa défaite.

«Les manifestations pacifiques seront toujours bienvenues, mais nous ne pouvons pas utiliser les méthodes de la gauche, […] qui empêchent la liberté de circulation», avait-il ajouté. Il a notamment déclaré à ce sujet qu’elles étaient selon lui «le fruit de l’indignation et d’un sentiment d’injustice concernant la façon dont le processus électoral s’est déroulé».

Selon l’AFP, le discours du président nationaliste a été interprété par ses partisans comme un encouragement à la poursuite du mouvement. Les blocages des routes ont entraîné des difficultés d’approvisionnement au Brésil, qui compte presque exclusivement sur le transport routier pour l’acheminement des biens et produits alimentaires.

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