Canada : l’opposition «préoccupée» par la décision du gouvernement

Invoquer la Loi sur les mesures d’urgence soulève de «sérieuses préoccupations» au Parti conservateur du Canada qui craint une escalade des tensions. Le NPD, lui, s’engage à appuyer la loi présentée au Parlement.

Les conservateurs s’inquiètent particulièrement du fait que des provinces comme le Québec, l’Alberta et la Saskatchewan se soient ouvertement opposées à une telle mesure. Ils n’écartent pas la possibilité de l’appuyer, eux qui disent vouloir «l’étudier» en caucus. 

Les conservateurs craignent que l’adoption de la Loi sur les mesures d’urgence ne jette de l’huile sur le feu, eux qui disent vouloir la fin des blocages de façon «pacifique».

«Je pense que les camions doivent être déplacés et les blocages levés le plus rapidement et le plus pacifiquement possible», a déclaré la cheffe par intérim du Parti conservateur, Candice Bergen, qui appuyait ouvertement ces manifestants dans les dernières semaines. 

Le NPD appuiera les libéraux

Plus tôt lundi, le chef du NPD, Jagmeet Singh, a dit qu’il appuierait l’usage de la Loi sur les mesures d’urgence pour mettre un terme à cette crise. 

Si cette loi exceptionnelle s’applique dès maintenant, les Parlementaires pourront étudier ses dispositions et offrir des recommandations au gouvernement. Un comité parlementaire étudiera aussi cette loi, tout comme le Sénat. 

 
Jagmeet Singh, chef du NPD.

 

«On doit utiliser tous les outils nécessaires pour régler cette crise et on va appuyer s’il y a un vote dans le Parlement, on va appuyer. On a besoin de leadership. Pourquoi le PM a-t-il décidé d’agir maintenant?», a lancé M. Singh en mêlée de presse.

Tous les partis politiques s’entendent sur l’importance de protéger des infrastructures essentielles comme les ponts et les frontières, par exemple. Toutefois, tous ne s’entendent pas sur les moyens pour y arriver. 

«On est dans cette situation où on doit utiliser les mesures d’urgence à cause d’un manque de leadership qui dure depuis des semaines. Depuis des semaines, le gouvernement fédéral a laissé le convoi s’installer dans la capitale, de bloquer les frontières et à cause de ça, on est maintenant dans cette crise», a déclaré M. Singh. 

Au Bloc québécois, pas question d’appuyer une intervention du fédéral au Québec, puisque les autorités locales ont le contrôle de la situation.

En point de presse, le chef du Bloc, Yves-François Blanchet, a déclaré que le Québec ne veut pas, «d’aucune façon», que la Loi sur les mesures d’urgence soit appliquée à la province. 

 
Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois.

 

Selon lui, la situation au Québec ne justifie pas que des mesures fédérales s’appliquent au Québec puisque les autorités locales ont toujours le contrôle lorsque des manifestations ont lieu. 

«Au Québec, notre relation sur des interventions civiles, comme des inondations, notre relation est très correcte avec les gens des forces armées canadiennes, mais lorsqu’il s’agit d’intervention à caractères militaires, l’histoire enseigne que notre relation avec l’armée canadienne est au mieux incertaine», a-t-il dit en référence à la Crise d’octobre de 1970.

À l’époque, le premier ministre du Canada Pierre Elliott Trudeau, le père de l’actuel premier ministre, avait décrété la Loi sur les mesures de guerre. 

Plus de cinquante, bon nombre de Québécois sont toujours profondément marqués par les nombreuses arrestations de personnes innocentes qui ont été effectuées à l’époque.

Source : https://www.lesoleil.com/2022/02/15/lopposition-preoccupee-par-la-decision-du-gouvernement-0cfe2c6ecf21d5aece81a9083d958d42?nor=true

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