Covid : « depuis l’injection du vaccin Pfizer, ma vie a basculé » assure cette étudiante originaire d’Annemasse

Nadine a reçu une dose de vaccin en août 2021 au centre MLK d’Annemasse, suite à quoi elle a fait un malaise vagal (notre photo). Depuis, la jeune femme de 19 ans, étudiante en médecine, fait des syncopes à répétition, présente une intolérance au soleil et zses menstruations sont complètement déréglées. Photo DR

Elle veut témoigner. Elle se fait appeler Nadine pour préserver son anonymat. Cette Annemassienne de 19 ans, étudiante en médecine à Grenoble, est passée par la vaccination contre la Covid en août 2021. Depuis, les dérèglements de son corps font de son quotidien un enfer.

 
Qui êtes-vous et pourquoi souhaitez-vous être entendue ?

« Je souhaite garder mon anonymat. Ma mère m’accompagne dans cette entretien car je suis aphone et que je fais des syncopes (pertes de connaissance). J’ai 19 ans, j’habite Annemasse où j’ai étudié, et je suis actuellement à la faculté de Grenoble en première année de médecine. Pour entrer à la fac de médecine je me suis faite vacciner contre la Covid 19 (une seule injection pour valider mon pass-sanitaire car j’avais déjà eu la Covid) et depuis ma vie a basculé. »

Que s’est-il passé ?

« Je suis allée le 11 août 2021 au centre de vaccination Martin Luther King, à Annemasse, accompagnée de ma mère. On m’a injecté le vaccin Pfizer et j’ai perdu connaissance. On m’a mise sur un brancard (ma mère a pris une photo) et déposée dans une salle attenante où je suis restée deux heures. Puis on m’a donné une madeleine et on m’a renvoyée chez moi en me disant que c’était normal, que j’avais fait un malaise dû au stress ».

Parlez-nous de votre accueil au vaccinodrome, avez-vous été guidée, avez-vous signé des documents ?

« Oui, quand je suis arrivée, un médecin m’a reçue. Pendant notre bref échange, j’ai précisé avoir une petite tension (comme ma mère). On ne m’a pas fait signer de document de consentement libre et éclairé, pas précisé si je risquais des effets secondaires, ni même fait voir la composition du produit que l’on allait m’injecter. J’ai fait confiance. Du reste, comme je vous l’ai dit, je suis un cursus médical en vue de devenir orthodontiste. »

Et depuis ?

« Le 15 août, soit quatre jours après, j’ai fait une deuxième syncope. J’ai une peau de méditerranéenne et je n’avais jamais de problème d’allergie au soleil, mais en allant à la piscine dans les jours qui ont suivi, je me suis trouvée recouverte de cloques. Je suis obligée de me protéger du soleil. Je porte des lunettes, un chapeau, je me couvre le corps et je vis dans l’ombre.

Depuis ce mois d’août 2021, je fais trois ou quatre syncopes par semaine. Je suis très handicapée par les syncopes qui ne préviennent pas, je tombe comme une pierre, n’importe où, n’importe quand. De plus mes menstruations sont perturbées et peuvent durer jusqu’à trois semaines. »

“Je suis inquiète pour ma fille”

La mère témoigne  :« Ma fille est brillante, elle a toujours été tête de classe. Nous sommes une famille de scientifiques, ma sœur est médecin et nous a soignées toutes les deux quand nous avons attrapé la Covid car le médecin consulté nous avait renvoyées chez nous avec du Doliprane. Je suis inquiète pour ma fille, on ne meurt pas d’une syncope mais elle peut faire une chute n’importe où et sa tête pourrait heurter n’importe quoi. Pour accéder à une vie normale, on impose des contraintes sanitaires donc médicales qui peuvent entraîner un risque. La vie sociale et l’état de santé peuvent en être affectés. Ce n’est pas juste. Ma fille a besoin elle aussi d’avoir une vie sociale. J’espère maintenant que l’on trouvera des traitements pour la soulager, en attendant, elle a besoin d’assistance pour continuer ses études à la fac ! ».

Comment voyez-vous votre avenir ?

« Je suis opiniâtre, je veux réussir, j’irai jusqu’au bout pour suivre mes études de médecine. Mais j’aimerais que les responsabilités des personnes qui vaccinent ou imposent le vaccin, soient évoquées et mises en avant. Je veux aider les autres à la prise de décision car ce vaccin n’est pas anodin. De plus, je n’ai pu obtenir un rendez-vous chez un cardiologue en Suisse que depuis quelques jours ; il a été formel, il s’agit bien d’effets liés au vaccin.

D’autre part, j’ai demandé de l’aide à la fac pour m’accompagner à l’amphithéâtre et là, on m’a dit que j’aurais dû en faire la demande lors de mon inscription – je précise, antérieure à la vaccination ! Comment aurais-je pu deviner que je subirais un handicap ? Je ne lâcherai pas mes études, c’est certain. J’ai fait une syncope dans les escaliers de l’amphi et ai été stoppée dans ma chute par la grille d’une ventilation. Des amis étudiants m’aident un peu, ma mère ne peut être à mes côtés tout le temps et tout devient très compliqué, surtout en première année de médecine qui est, dit-on, la plus difficile. »

« C’est l’analyse de l’ensemble des données qui permettra de déterminer le lien de causalité »

Le Dr  David Macheda est médecin généraliste dans l’agglo d’Annemasse et surtout il fut le médecin coordinateur du centre de vaccination à Martin Luther King pendant plus d’un an.

Des malaises juste après l’injection, il en a constaté au sein même de son centre de vaccination. En juin 2021 par exemple, cinq malaises se sont enchainés chez des jeunes. « Lorsqu’il y a des ados, on a l’habitude d’être vigilant car lorsque l’un d’eux fait un malaise les autres tombent simplement par réaction neuro vagale. Toutefois, ce jour-là on avait suspendu temporairement la vaccination parce qu’on était inquiets de l’éventualité de problèmes liés au vaccin lui-même. On s’était posé la question de d’une problématique sur un lot » raconte le médecin coordinateur. Il affirme qu’une enquête de l’ARS avait permis ensuite d’invalider cette hypothèse.

« Toutefois, affirme-t-il, ça n’exclut pas pour autant que quelqu’un puisse avoir de manière personnelle des réactions spécifiques post-vaccinales. Étant entendu que ça mérite d’être authentifié. Ce sont les services de l’État qui s’occupe de cette problématique et de commander les enquêtes adaptées quand on déclare les effets indésirables. Cette démarche est d’ailleurs celle à réaliser à chaque fois qu’on rencontre des anomalies suspectées comme des effets indésirables possibles sur tous les produits médicaux. »

David Macheda souligne qu’une situation comme celle de la jeune Nadine, assortie de troubles neurovégétatifs, il n’en a jamais rencontré dans son cabinet.

« Sur les 120 000 vaccins administrés à Martin Luther King, ce serait peut-être la seule personne à présenter autant d’effets indésirables. Je parle toujours au conditionnel car ce sont toujours les enquêtes qui permettent de définir les événements indésirables des produits médicamenteux. Dans les dispositifs de tracing tout a été fait de manière facilitée pour qu’il y ait des retours d’information d’effets indésirable connus, ou non connus d’ailleurs. Toutes ces données sont collectées ou passées à la moulinette par les services de l’État. »

Dans l’essentiel des effets indésirables, le médecin dit avoir constaté les douleurs sur les points d’injection de l’ordre à hauteur de 12 %. « Ensuite dans des cas moins fréquents, dans 48, 72 heures voire un peu plus loin, une réaction fébrile, une ankylose, une douleur locorégionale, un état pseudo-grippal. C’est conforme à ce qui était attendu. Plus grave dans les événements auxquels on pouvait s’attendre, il y avait les chocs anaphylactiques, mais à Annemasse nous n’en avons pas eu. »

 Que le cas de cette jeune femme soit partagé me paraît d’intérêt public 

Toutefois, les phénomènes observés chez Nadine doivent être questionnés considère le Dr  Macheda. « Le comportement médical face à ce type de témoignage c’est d’être vigilant et attentif. Et ne pas se positionner sur des éléments qu’on ne maîtrise pas. L’expérience d’un seul médecin ne vaut pas, c’est sur le nombre.

À notre niveau on traite le symptôme lorsqu’il est invalidant ou persistant. On fait remonter les informations vers les services de l’État. Lorsqu’on a des troubles spécifiques, on va orienter vers nos confrères des spécialités.

Je crois que cette jeune femme, en témoignant dans l’idée de faire remonter et de confronter avec d’éventuels autres cas, adopte une attitude adaptée, normale et naturelle. Que ce soit partagé me parait aussi d’intérêt public. On ne se permet jamais une idée préconçue pour attribuer de facto les choses. On doit rester sur le domaine de la science. C’est l’analyse de l’ensemble des données qui permettra un positionnement et de déterminer le lien de causalité. »

Source : https://www.ledauphine.com/amp/sante/2022/04/09/depuis-l-injection-du-vaccin-ma-vie-a-bascule