Des plans britanniques pour détruire le pont de Crimée, six mois avant l’explosion du 8 octobre ?

Le pont de Crimée, le 8 octobre 2022.

Selon des documents obtenus par le média d’investigation américain The Grayzone, un plan prévoyant la destruction du pont de Crimée aurait été envisagé au sein des renseignements britanniques, six mois avant la récente explosion qui s’y est produite.

Célébrée avec enthousiasme par les memes et les gifs abondamment partagés au sein d’une partie du paysage politico-médiatique occidental, l’explosion survenue le 8 octobre sur le pont de Crimée a été qualifiée par Vladimir Poutine d’«acte terroriste» qu’il a imputé aux services secrets ukrainiens.

Alors que le FSB vient de publier, le 12 octobre, des éléments pointant l’implication de Kiev dans cette attaque, une enquête, publiée le 10 octobre, par le média américain The Grayzone révèle que la destruction de l’infrastructure russe en question aurait par ailleurs figuré dans des plans partagés six mois plus tôt au sein des services de renseignement britanniques. 

Le média d’investigation explique avoir obtenu une présentation datant d’avril 2022 faisant apparaître «un plan élaboré [pour] faire sauter le pont de Kertch en Crimée avec la participation de soldats ukrainiens spécialement formés».

Des plans britanniques transmis à Kiev ?

Selon les révélations de l’équipe de Grayzone, le plan britannique aurait inclus des modes opératoires assez éloignés du recours à un camion piégé comme cela s’est produit le 8 octobre, puisqu’y étaient mentionnées l’utilisation d’«une batterie de missiles de croisière [afin de] viser les deux piliers en béton de part et d’autre de l’arche centrale en acier» ou encore la mise en place d’«une équipe de plongeurs d’attaque ou de [véhicules sous-marins sans pilote] équipés de mines à patelle et de charges coupantes linéaires».

En revanche, le média américain explique avoir des éléments indiquant que les plans en question, rédigés par un certain Chris Donnelly, ancien conseiller de haut rang de l’OTAN, auraient été «partagés avec le gouvernement ukrainien au plus haut niveau».

Cité par The Grayzone, Chris Donnelly aurait même préconisé de miner le port de Sébastopol à l’aide d’un «ferry pour voitures», de détruire les avions de chasse sur les aérodromes de Crimée «pour montrer qu’ils sont sérieux», d’utiliser une «grosse arme antisatellite à micro-ondes» pour faire tomber les installations spatiales russes, et de se tourner vers l’Occident pour s’approvisionner en pétrole et en gaz.

Pour rappel, en réaction à l’attaque du pont de Crimée, l’armée russe a mené les 10 et 11 octobre des dizaines de frappes sur le territoire ukrainien, Moscou ayant expliqué avoir ciblé les infrastructures militaires et énergétiques du pays.

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