Deux ans de prison pour avoir proposé à des inconnus, sur un site échangiste, de violer sa fille de 12 ans

Un magistrat jugé pour avoir proposé à des inconnus, sur un site échangiste, de violer sa fille de 12 ans

Deux ans de prison, dont un avec sursis, ont été requis contre l’ex-vice-président du tribunal judiciaire de Dijon, jugé en son absence, vendredi 18 février, à Besançon, pour « instigation, non suivie d’effet, à commettre des violences sexuelles » sur sa fille.
Des magistrats au tribunal de Douai, en 2013. DENIS CHARLET / AFP

Comment le magistrat Olivier B. en est-il arrivé à proposer à des inconnus, sur un site Web échangiste, de violer sa fille alors âgée de 12 ans ? Vice-président du tribunal judiciaire de Dijon au moment des faits, le quinquagénaire n’est pas venu s’expliquer à la barre, vendredi 18 février, lors de son procès devant le tribunal correctionnel de Besançon. Selon une expertise judiciaire, « son état de santé psychologique » ne lui permettait pas de comparaître pour « instigation, non suivie d’effet, à commettre des violences sexuelles » sur sa fille.

En l’absence d’Olivier B., le procureur de la République de Besançon, Etienne Manteaux, a requis contre lui deux ans de prison, dont un avec sursis. Le magistrat est poursuivi pour « avoir, entre octobre 2019 à juin 2020, proposé à des internautes de forcer sa fille à avoir des rapports sexuels » avec eux, de lui infliger « des agressions sexuelles », et pour « corruption de mineure ».

« Olivier B., comme magistrat, avait une éducation, l’intelligence, la formation juridique pour savoir que ces agissements étaient parfaitement délictueux », a estimé M. Manteaux, qui a également demandé son inscription au fichier des auteurs d’infractions sexuelles.

En marge de l’instruction pénale, Olivier B., 56 ans, a été révoqué, en juillet 2021, par le conseil de discipline du Conseil supérieur de la magistrature (CSM). Il a depuis déposé un recours devant le Conseil d’Etat pour faire annuler cette sanction disciplinaire, que le ministère de la justice avait réclamée contre lui. Le magistrat n’exerce plus ses fonctions de coordinateur du pôle des affaires familiales du tribunal judiciaire de Dijon depuis sa suspension, prononcée en 2020.

Source : https://www.lemonde.fr/societe/article/2022/02/19/un-magistrat-juge-pour-avoir-propose-a-des-internautes-sur-un-site-echangiste-de-violer-sa-fille-de-12-ans_6114337_3224.html