Flambée des prix de l’énergie : l’UFC-Que choisir dénonce le « faux bouclier tarifaire » de l’exécutif

L’association de consommateurs critique des annonces « tantôt lacunaires, tantôt faussement protectrices ». Elle appelle également les parlementaires à agir dans le cadre du projet de loi de finances 2022.

La hausse des tarifs réglementés de l’électricité, qui devait atteindre 12 % début 2022, sera limitée à 4 % en 2022.

Des annonces « tantôt lacunaires, tantôt faussement protectrices ». L’UFC-Que choisir critique vertement, vendredi 1er octobre, dans un communiqué, les mesures annoncées la veille par le premier ministre Jean Castex contre le bond des prix de l’énergie. A sept mois de l’élection présidentielle, l’augmentation continue des tarifs du gaz et de l’électricité est un sujet sensible pour l’exécutif. Le chef du gouvernement a annoncé au journal télévisé de 20 heures de TF1 la mise en place d’« un bouclier tarifaire », pour « prémunir » les Français.

L’exécutif prévoit de bloquer le prix réglementé du gaz, qui concerne 5 millions de Français, jusqu’au printemps. « Il n’y aura plus d’augmentation du prix du gaz » après celle de 12,6 % de vendredi, a assuré le premier ministre, en fixant l’échéance à avril 2022, horizon à partir duquel « le prix du gaz devrait dégringoler ». Cette baisse sera répercutée plus lentement dans les factures des consommateurs, afin de lisser l’augmentation du prix sur toute l’année.

Pour l’UFC-Que choisir, cette annonce « ne constitue en rien une mesure protectrice du pouvoir d’achat des consommateurs ». « Si, d’ici le printemps prochain, les tarifs du TRGV [tarif réglementé de vente de gaz] resteront figés au haut niveau actuel, le “lissage” des prix évoqué par le premier ministre imposera en réalité aux consommateurs de payer par la suite, à une période sans risque électoral, ce qui ne l’aura pas été d’ici là », explique l’association. Et d’ajouter : « Les consommateurs ne tireront aucun bénéfice d’un gel des tarifs, ils paieront la note. »

Spirale inflationniste

La hausse des tarifs réglementés de l’électricité, qui devait atteindre environ 12 % au début de 2022, sera, quant à elle, limitée à 4 % en 2022 grâce à une baisse de taxe.

L’UFC-Que choisir estime que « l’explosion des prix de l’électricité sur le marché international » aurait pu aboutir d’ici au début de l’année 2022 « à une hausse de 15 % des factures sans action du gouvernement ». Dès lors, l’annonce du premier ministre concernant le tarif réglementé de vente d’électricité (TRVE) « constitue à l’évidence un moindre mal ».

Néanmoins, « cette mesure, dont rien ne garantit qu’elle soit pérennisée, ne permet pas de mettre un coup d’arrêt à la spirale inflationniste des prix de l’électricité, qui ont augmenté de 50 % au cours des dix dernières années », souligne l’UFC-Que choisir.

Dénonçant également l’« aveuglement » du gouvernement quant aux problématiques énergétiques des Français, l’association de consommateurs demande aux parlementaires de voter, dans le cadre du projet de loi de finances 2022, « la baisse de la TVA sur la consommation de gaz et d’électricité [au minimum] jusqu’à un retour à la normale des prix ». L’UFC-Que choisir appelle aussi les parlementaires à voter « la fin de l’aberration fiscale que constitue l’application de la TVA sur les taxes énergétiques ».

https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/10/01/flambee-des-prix-de-l-energie-l-ufc-que-choisir-denonce-le-faux-bouclier-tarifaire-de-l-executif_6096738_3234.html