«Frappes massives» sur l’Ukraine et sur Kiev : Moscou promet des réponses «dures» contre les menaces

© AP Photo/Efrem Lukatsky

Les autorités ukrainiennes ont rapporté des frappes massives sur la capitale et dans tout le pays. Moscou, qui accuse Kiev d’«acte terroriste» sur le pont de Crimée, a confirmé cette offensive, soulignant avoir ciblé les infrastructures militaires.

Ce 10 octobre au matin, la capitale ukrainienne Kiev a été la cible de frappes de missiles, selon les autorités ukrainiennes ainsi que plusieurs agences de presse dont AP, l’AFP, ou encore l’agence russe Tass.

Dans une prise de parole à la mi-journée dans le cadre d’une réunion du Conseil de sécurité de la Fédération de Russie, le président Vladimir Poutine a spécifié que des «frappes massives» avaient eu lieu à l’aide d’«armes de haute précision». Il a précisé que les «infrastructures énergétiques, de commandement militaire et de communications ukrainiennes» avaient été visées.

Le dirigeant russe a en outre promis des réponses «dures» et proportionnelles aux menaces posées à la sécurité de la Fédération de Russie. Il a notamment évoqué l’«acte terroriste» commis sur le pont de Crimée la veille, et attribué par les enquêteurs russes aux services secrets ukrainiens (SBU).

«Par ses actions, le régime de Kiev s’est mis concrètement au même niveau que les mouvements terroristes internationaux, que les groupes les plus odieux. Il est tout simplement impossible de laisser de tels crimes sans réponse», a-t-il affirmé avant de préciser : «En cas de nouvelles tentatives d’organiser des attentats sur notre territoire, les réponses de la Russie seront dures et leur ampleur correspondra au niveau des menaces posées à la Fédération de Russie.»

Dans la matinée du 8 octobre, un incendie s’était en effet déclaré sur le pont de Crimée, une infrastructure stratégique clé pour la Russie, à la suite de l’explosion d’un camion. Au moins trois personnes sont mortes, selon les autorités russes, qui ont ouvert une enquête criminelle. «Il ne fait aucun doute qu’il s’agit d’un acte terroriste visant à détruire une infrastructure civile russe d’importance critique», avait commenté le président russe à l’issue d’un briefing des enquêteurs.

Les quartiers généraux des services secrets visés ?

Anton Gerashchenko, un conseiller du ministère ukrainien de l’Intérieur a notamment rapporté ce 10 octobre une frappe sur la rue Vladimirskaya, où se trouvent les quartiers généraux des services secrets, le Service de sécurité d’Ukraine (SBU), dans le quartier gouvernemental. Tass, citant des témoins, confirme également cette information.

L’armée ukrainienne, citée par l’AFP, a accusé Moscou d’avoir lancé 75 missiles sur plusieurs régions depuis le 10 octobre au matin, assurant que 41 d’entre eux avaient été abattus par la défense aérienne ukrainienne. La police ukrainienne a fait état de morts et de blessés. Selon le maire de Kiev, Vitaly Klitschko, cité par Tass, des «infrastructures critiques» auraient été touchées.

«Ils essayent de nous détruire tous, de nous effacer de la surface de la Terre», a réagi Volodymyr Zelensky sur les réseaux sociaux, appelant les citoyens à rester dans les abris. Le dirigeant ukrainien a en outre évoqué des attaques contre l’«infrastructure énergétique» du pays. Il a évoqué des frappes, outre Kiev, sur Dniepr et Zaporojié, tandis que des responsables locaux ont fait état de bombardements sur Lviv, Kharkov ou encore Odessa.

Il s’agit des premières frappes sur Kiev depuis le 26 juin.