Gardanne – Décès de Sofia des suites d’une thrombose : le temps (long) de l’enquête en cours

Originaire de Gardanne, la jeune fille est morte en septembre 2021 des suites d’une thrombose. Le parquet cherche maintenant à savoir ce qui l’a provoquée mais les résultats se font attendre. Âgée de 17 ans, elle s’était fait injecter une dose de Pfizer

Farida, la tante et marraine de Sofia, en avril lors d'une manifestation à Marseille contre l'obligation vaccinale des soignants. Photo Valérie Vrel

Certains délais sont incompressibles.”Les mots d’Achille Kiriakides, procureur de la République d’Aix-en-Provence, résonneront sans doute comme une incompréhension dans l’esprit de certains. Il n’empêche, “je suis tout de même intervenu auprès des experts en charge des analyses complémentaires”, assure-t-il, afin de faire accélérer le processus de recherche autant que possible au vu de la nature plus que délicate du dossier. “Et encore jusque-là, ça a été très rapide, certaines analyses toxicologiques peuvent prendre jusqu’à un an…” Mais le temps de la science n’est pas forcément celui des réponses. Des réponses, la famille de Sofia, 17 ans – décédée le 21 septembre dernier au petit matin à l’hôpital d’Aix des suites de ce qui, à l’époque, semblait être une embolie pulmonaire massive – en attend de pied ferme. Depuis l’autopsie a été faite et a permis de confirmer que la jeune fille est décédée d’une thrombose. Reste maintenant à savoir ce qui l’a provoquée, ce que devra révéler l’enquête en cours du parquet.

Le lien avec le vaccin semble s’éloigner

Pour l’heure, d’après nos informations, des expertises sanguines, anatomopathologiques (examen des organes, tissus ou cellules pour repérer et analyser des anomalies), toxicologiques ou bactériologiques ont été menées. Le procureur devrait les transmettre à un autre médecin légiste en charge de faire une synthèse afin notamment de pouvoir faire le lien avec le vaccin ou, à l’inverse, l’écarter. Cette semaine, Stéphanie Siapo, la maman de Sofia, a également dû fournir un certificat médical “comme quoi ma fille prenait la pilule depuis avril et qu’elle n’avait jamais eu de souci avec”, de même que les résultats de la prise de sang qu’elle avait effectué avant de commencer à prendre ce moyen de contraception et le numéro de lot du vaccin dont elle a bénéficié. “Mais je me souviens très bien que le médecin en réanimation de l’hôpital d’Aix m’avait dit, quand Sofia a été emmenée cette nuit-là, que sans alerte préalable type toux, difficultés à respirer et autres symptômes associés, la pilule n’impliquait pas pareille conséquence…, assure-t-elle.

Le visage de Sofia, on l’a souvent retrouvé sur des banderoles au sein de manifestations antivax, antipass ou de gilets jaunes. Et Stéphanie et son époux Jérôme en ont largement souffert à une époque où ils se faisaient harceler dans la rue ou par téléphone pour associer le décès de sa fille au vaccin. Aujourd’hui, la mère de famille a “abandonné. J’ai donné les pleins pouvoirs à Farida, sa tante. Si elle veut manifester ou si elle peut arriver à faire en sorte par le biais de son avocat que les choses avancent plus vite, je suis d’accord”, explique-t-elle. Parce que sept mois après la perte de son enfant, la Gardannaise ne s’en sent pas la force : “Je suis dans l’incapacité d’affronter tout ça, j’ai eu des pensées très sombres…”

L’avocat de celle qui était aussi la marraine de Sofia, Mehdi Medjati, avance que “d’après les analyses les plus récentes, le lien avec le vaccin semble s’éloigner”. Une réaction qui ne plaît pas forcément à sa cliente, fervente animatrice des manifestations contre le vaccin mais aussi membre fondateur du collectif Verity France avec deux autres familles, qui se décrit sur son site internet comme “en quête de vérité sur leurs décès” (ceux de Sofia mais aussi Maxime et Mélanie, Ndlr). Pour autant aucun facteur n’est encore définitivement écarté selon le conseil de Farida.

Source : La Provence