Guerre en Ukraine: la Chine réaffirme son amitié «solide comme un roc» à la Russie

Guerre en Ukraine: la Chine réaffirme son amitié «solide comme un roc» à la Russie

© Sam McNeil Le ministre des Affaires étrangères chinois, Wang Yi, ce lundi en conférence de presse.

«Solide comme un roc». L’amitié entre Pékin et Moscou ne souffre pas de la moindre turbulence assure ce lundi le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi. Et ce, malgré la guerre que mène la Russie à l’Ukraine et de la vague de sanctions internationales contre l’économie russe qui a suivi. Attachée à son partenariat avec Moscou, la Chine s’abstient de condamner l’intervention russe en Ukraine, se refusant même à parler «d’invasion».

 

«L’amitié entre les deux peuples est solide comme un roc et les perspectives de coopération future sont immenses», affirme le ministre Wang Yi, interrogé sur la position de la Chine sur le conflit lors de sa conférence de presse annuelle en marge de la session parlementaire. «La Chine et la Russie, toutes deux membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, sont […] les partenaires stratégiques les plus importants l’un pour l’autre», a ajouté Wang Yi, estimant que Pékin et Moscou «contribuent» à la paix et la stabilité dans le monde. Reçu en grande pompe à Pékin pour les Jeux olympiques d’hiver en février, le président russe Vladimir Poutine estimait déjà que l’amitié sino-russe est un «exemple de relation digne, où chacun aide et soutient l’autre dans son développement».

Le chef de la diplomatie chinoise indique par ailleurs que son pays est «disposé» à jouer un rôle dans la crise ukrainienne, notamment en participant «le moment venu» à une médiation internationale pour mettre fin à la guerre. Pékin va tout de même envoyer de l’aide humanitaire en Ukraine, indique Wang Yi. La Chine est depuis douze ans le premier partenaire commercial de Moscou, selon le ministère chinois du Commerce. La Russie fournit à la Chine 16 % de son pétrole, et le gaz naturel russe représente 5 % de la consommation chinoise, très loin des exportations de Moscou vers l’Europe.

«L’heure du choix»

L’attitude de la Chine, qui refuse de condamner le conflit, est critiquée dans plusieurs pays. Le Premier ministre australien Scott Morrison estime ce lundi que la Chine se trouve à «l’heure du choix», exhortant ainsi Pékin à mettre fin à son soutien politique et économique tacite à la guerre. «Aucun pays n’aurait de plus grand impact en ce moment sur l’agression violente de la Russie envers l’Ukraine que la Chine», a-t-il déclaré. L’Australien avait auparavant accusé Pékin de jeter «une bouée de sauvetage» au régime de Vladimir Poutine en accroissant ses achats à Moscou. En outre, des banques russes annonçaient dimanche travailler à l’émission de cartes bancaires du réseau chinois UnionPay pour répondre à la décision des géants Visa et Mastercard de suspendre leurs opérations avec la Russie, après l’intervention militaire en Ukraine.

De son côté, le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a plaidé, dans le quotidien espagnol El Mundo, pour que la Chine joue un rôle de médiateur, estimant qu’il «n’y a pas d’alternative». De son côté, le Premier ministre israélien Naftali Bennett a entamé une médiation, rencontrant Vladimir Poutine samedi à Moscou, tout en échangeant avec le président ukrainien, Volodymyr Zelensky. L’Israélien considère ses efforts comme «un devoir moral» même s’il reconnaît le peu de chances de réussite.

Selon les autorités ukrainiennes, une troisième session de négociations directes avec les Russes doit se dérouler lundi. Les chances de parvenir à des progrès paraissent infimes, Vladimir Poutine ayant prévenu que le dialogue avec Kyiv ne serait possible que si «toutes les exigences russes» étaient acceptées, notamment un statut «neutre et non nucléaire» pour l’Ukraine et sa «démilitarisation obligatoire».

Source : https://www.msn.com/fr-fr/actualite/monde/guerre-en-ukraine-la-chine-r-c3-a9affirme-son-amiti-c3-a9-c2-absolide-comme-un-roc-c2-bb-c3-a0-la-russie/ar-AAUIQVO