Interpol craint qu’une partie des armes envoyées en Ukraine finissent dans les mains de criminels

Un grand nombre d’armes envoyées en Ukraine finiront par tomber entre les mains de criminels, s’est inquiété le patron d’Interpol. Les Occidentaux continuent d’envoyer du matériel de guerre à Kiev, dans le contexte de l’opération russe en Ukraine.

«La grande disponibilité d’armes pendant le conflit actuel entraînera la prolifération d’armes illicites dans la phase post-conflit», a déclaré ce 1er juin déclaré Jürgen Stock, directeur général d’Interpol (l’Organisation internationale de police criminelle). Il s’exprimait alors devant l’Association de la presse anglo-américaine à Paris, où il s’était rendu depuis Lyon, le siège d’Interpol.

«Les criminels sont déjà en train, en ce moment même, de se concentrer sur cela», a-t-il poursuivi, voyant dans l’Union européenne «une destination probable pour ces armes, car les prix de ces armes à feu sur le marché noir sont nettement plus élevés en Europe, notamment dans les pays scandinaves».

Une partie des nations occidentales ont expédié du matériel militaire aux autorités ukrainiennes, dans le contexte de l’opération russe lancée fin février, dénoncée par Kiev et ses alliés comme une guerre d’invasion. Moscou a mis en garde à de nombreuses reprises les Occidentaux contre toute immixtion dans le conflit en cours en Ukraine, pointant en particulier leurs livraisons d’armes à Kiev.

«Même les armes qui sont utilisées par les militaires […] seront disponibles sur le marché criminel»

Le 31 mai, le président américain Joe Biden a annoncé que les Etats-Unis allaient «fournir aux Ukrainiens des systèmes de missile plus avancés et des munitions qui leur permettront de toucher plus précisément des objectifs clé sur le champ de bataille en Ukraine».

Les criminels dont je parle opèrent au niveau mondial, donc ces armes seront échangées à travers les continents

Or, «même les armes qui sont utilisées par les militaires, les armes lourdes, seront disponibles sur le marché criminel», a averti Jürgen Stock. «Nous encourageons déjà les pays membres [d’Interpol] – nous avons une base de données sur le partage d’informations sur les armes – à utiliser ces bases de données parce qu’aucune région ou pays ne peut s’en occuper seul», a-t-il poursuivi. «Les criminels dont je parle opèrent au niveau mondial, donc ces armes seront échangées à travers les continents», a encore commenté le directeur général d’Interpol.

Par ailleurs, le conflit en Ukraine a provoqué un pic de «vols d’engrais à grande échelle ainsi qu’une augmentation des produits agrochimiques contrefaits, car ces produits ont pris de la valeur», a-t-il souligné, ainsi qu’une «hausse des vols de carburant en Europe» pour la même raison.

Source