Janssen : l’espoir déçu du vaccin unidose

La recommandation de la Haute Autorité de santé d’administrer une dose supplémentaire de vaccin à ARN messager a porté un nouveau coup au produit de Johnson & Johnson, dont les livraisons sont stoppées en France depuis début juillet.

Des ampoules vides du vaccin Janssen, de Johnson & Johnson, dans un conteneur à déchets, à Wismar, en Allemagne, le 13 juin 2021.
Des ampoules vides du vaccin Janssen, de Johnson & Johnson, dans un conteneur à déchets, à Wismar, en Allemagne, le 13 juin 2021. GREGOR FISCHER / ZUMA / REA

Quand il a appris par sa fille qu’il était éligible à une dose supplémentaire de vaccin dès la rentrée, Martial – qui n’a pas souhaité donner son nom –est « tombé des nues ». Vacciné en mars avec le vaccin unidose Janssen – du nom du laboratoire, filiale pharmaceutique du groupe américain Johnson & Johnson –, cet ancien infirmier de 64 ans pensait être quitte des piqûres. « On m’a vendu ça comme une seule dose, ça m’arrangeait bien de ne pas avoir à revenir », justifie l’habitant de Belle-Ile-en-Mer (Morbihan).

Mais dans un avis du 24 août définissant les publics cibles de la campagne de rappel vaccinal qui s’ouvre en septembre, la Haute Autorité de santé (HAS) a préconisé à toutes les personnes ayant reçu une dose de Janssen, quel que soit leur âge, de recevoir une deuxième dose, avec un vaccin à ARN messager cette fois, et ce dès quatre semaines après la première injection. Plus de 1 million de personnes sont concernées. Une recommandation qui laisse Martial dubitatif. Pourtant diabétique et favorable à la vaccination, il passera son tour, convaincu que ce serait du gâchis ; il préférerait un vaccin conçu spécifiquement pour lutter contre les nouveaux variants à venir.

L’avis de la HAS vient porter un nouveau coup au produit de Janssen dans la stratégie vaccinale française. Dernier vaccin à avoir été validé par la HAS, le 12 mars, il n’a commencé à être injecté en France qu’à la toute fin d’avril. En un peu plus de quatre mois, 1,8 million de doses ont été livrées par le laboratoire dans l’Hexagone, mais à peine plus de 1 million ont été injectées, soit un taux d’utilisation de 55 %, un score bien inférieur à ceux de ses concurrents. Concernant Pfizer, 90 % des 79,4 millions de doses ont été utilisées, et Moderna présente un taux d’utilisation de 60 % de ses 15,8 millions de doses, après une importante livraison réalisée le 3 septembre.