La Commission d’éthique contre la vaccination obligatoire, moins de 52% de la population suisse entièrement vaccinée: les nouvelles du 27 août

Après les annonces du Conseil fédéral, la Commission nationale d’éthique dans le domaine de la médecine humaine (CEN) estime qu’une vaccination obligatoire indirecte ne serait pas justifiée. Le 10 septembre, le Danemark lèvera ses dernières restrictions sanitaires. Notre suivi sur le front du virus

Un conteneur de vaccination accueillant un centre vaccination mobile dans une école le 18 août 2021 à Aarau dans le canton d’Argovie. La CEN appelle à faciliter l’accès à la vaccination plutôt que de l’imposer — © KEYSTONE/Christian Merz

L’essentiel

En Suisse, 51,32% des personnes sont complètement vaccinées

Le canton de Vaud recommande la vaccination dès 12 ans. Elle était déjà possible mais les autorités ne poussaient pas à la vaccination à cet âge.

Après les annonces du Conseil fédéral, les musées souhaitent pouvoir continuer à accueillir des visiteurs sans certificat.

Selon une étude de l’Hôpital de l’Île à Berne et de l’Université de Berne, les tests antigéniques rapides ne détectent que deux infections sur trois.

Pionnier de la vaccination, Israël fait face à un rebond de la pandémie. Lire notre article sur la quatrième vague dans le pays

■ La Commission nationale d’éthique s’oppose à la vaccination obligatoire indirecte

Dans une position publiée ce vendredi, la Commission nationale d’éthique dans le domaine de la médecine humaine (CEN) estime que la vaccination obligatoire, même indirecte, porte atteinte au principe de la liberté de choix et n’est pas justifiée. Selon la CNE, la liberté inclut le droit de s’exposer aux risques d’infection.

Pour la CNE, le principe qui met sur le même plan les personnes vaccinées, guéries et testées négativement doit être maintenu. Selon elle, ce principe est plus proportionné et se justifie davantage que l’autorisation d’accès à une manifestation aux seules personnes vaccinées et guéries.

Le Commission rappelle que la non-vaccination ne se fait pas forcément «de plein gré et en toute connaissance de cause», soulignant que la démarche «dépend des conditions sociales.» Elle déplore le manque d’informations accessibles pour certains groupes de la population ou l’impossibilité matériel d’aller se faire vacciner.

L’objectif d’un taux de vaccination plus élevé doit être atteint selon la CNE par d’autres mesures, par exemple avec «une information proactive et appropriée et un accès simple pour les groupes de population défavorisés sur le plan éducatif».


■ BioNTech prévoit d’installer ses nouvelles usines au Sénégal et Rwanda

Le laboratoire allemand BioNTech a annoncé vendredi qu’il visait l’installation «l’année prochaine» de sites de production de vaccins à ARN messager en Afrique, notamment au Sénégal et au Rwanda.

La société «évalue» l’éventuelle installation dans ces deux pays d’usines pour «soutenir l’approvisionnement en vaccins des pays membres de l’Union africaine» (UA), selon un communiqué. Actuellement, près de 1% des vaccins utilisés en Afrique sont fabriqués sur le continent. L’Union africaine veut faire grimper cette proportion à 60% d’ici 2040.

«BioNTech réaffirme son engagement de produire sur le continent africain les vaccins à ARNm contre le paludisme et la tuberculose actuellement en développement», indique l’entreprise, qui s’est alliée à l’Américain Pfizer pour produire son vaccin contre le Covid-19. Le laboratoire, basé à Mayence (ouest de l’Allemagne), avait annoncé fin juin qu’il comptait appliquer la technologie prometteuse de l’ARN messager au paludisme, avec des essais cliniques dès l’an prochain.


■ Le Danemark prévoit de lever les restrictions sanitaires le 10 septembre

A la faveur d’une importante couverture vaccinale, les restrictions encore en place au Danemark contre le Covid-19 vont être levées à compter du 10 septembre, la maladie n’étant plus considérée comme «menaçante pour la société» a annoncé vendredi le ministère de la santé. Un peu plus de 70% de la population est vaccinée.

«Nous ne sommes pas sortis de l’épidémie», a toutefois souligné le ministre, Magnus Heunicke, assurant que le gouvernement «n’hésitera pas à agir rapidement si la pandémie menace à nouveau les fonctions essentielles de la société».


■ A quelques jours de la rentrée, la circulation du virus ralentit en France métropolitaine

La circulation du virus qui cause le Covid-19 est en phase de «ralentissement», ce qui est «une bonne nouvelle» mais beaucoup d’«incertitudes» subsistent avec le brassage provoqué par la reprise du travail et la rentrée scolaire, selon Santé publique France (SPF).

Le taux d’incidence s’est établi à 216 pour 100 000 habitants dans la semaine du 16 au 22 août, en recul de 12% par rapport à la précédente, avec tout de même 20 740 nouvelles contaminations par jour en moyenne, a indiqué SPF vendredi dans son point hebdomadaire.

L’organisme a, en revanche, déploré une poursuite de la hausse des indicateurs hospitaliers (+18% pour les nouvelles hospitalisations et autant pour les admissions en soins critiques) et des décès à l’hôpital (+76%).

Santé publique France a rappelé la situation toujours «très critique» en Martinique et Guadeloupe et «préoccupante en Guyane». Les taux d’incidence y demeurent «très élevés»: 1.885 pour 100 000 en Guadeloupe, 896 pour 100 000 en Martinique, deux territoires où ils ont commencé à baisser. Ce qui n’est pas le cas de la Guyane, où la circulation du virus s’accélère: +16% de hausse du taux d’incidence à 434 pour 100 000.


■ Une interview pour convaincre la population originaire des Balkans de se vacciner

Ce vendredi le Tages-Anzeiger a publié une interview de Omer Dzemali, chef du service de chirurgie cardiaque de l’hôpital Triemli à Zurich sur la vaccination. Sa particularité: elle a été publiée en allemand et en albanais. Cet entretien vient en réponse au débat qui agite la Suisse alémanique sur le profil des patients hospitalisés pour covid. Ce week-end, la «NZZ am Sonntag» soulignait qu’un grand nombre des patients hospitalisés en soins intensifs étaient originaires des Balkans et non vaccinés

De retour de vacances dans leur pays d’origine, beaucoup de ces patients ont repoussé leur vaccination. «En tant que professionnel de la santé, je ne vois aucune raison de ne pas me faire vacciner. Le scepticisme vis-à-vis de la vaccination n’existe pas seulement dans la communauté albanaise, mais est malheureusement assez répandu», souligne Omer Dzemali, lui-même né en Macédoine du Nord. Ce dernier pointe le taux de vaccination de la population en Suisse, qui est encore inférieur à 50% dans plusieurs cantons. Le médecin rappelle aussi que les pays des Balkans ont eu relativement peu de doses jusqu’à présent.


■ Le variant Delta représente 99,8% des nouveaux cas en Suisse

Les principales informations du rapport quotidien de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP):

  • La Suisse compte vendredi 2763 cas supplémentaires.
  • 79 malades ont été hospitalisés.
  • Le variant Delta représente 99,8% des nouveaux cas
  • Le taux de reproduction, qui a un délai d’une dizaine de jours, est de 1,21.
  • Les patients Covid-19 occupent 27,90% des places disponibles en soins intensifs, dont le taux d’occupation est de 80,10%.

Concernant la vaccination. Au total 10 799 700 doses de vaccin ont été administrées et 51,32% des personnes ont déjà reçu deux doses. La Suisse a reçu jusqu’à présent 10 799 700 doses de vaccins.


■ En Polynésie, la crise sanitaire se double d’une crise économique

L’épidémie et le confinement enfoncent encore un peu plus la Polynésie française dans la crise économique, et le ministre des Finances local s’attend à une nouvelle contraction du PIB, a-t-il indiqué lors d’un point presse jeudi à Papeete (vendredi en Suisse).

En se basant sur le confinement de 2020, qui était toutefois plus strict, le ministre de l’Economie et des Finances Yvonnick Raffin a estimé l’impact d’un confinement d’un mois à «une baisse de trois points de PIB, soit 20 milliards de francs Pacifique» (180 millions de francs). Il a cependant exclu de contracter un nouveau prêt pour financer les aides.

Des lits et des brancards ont été installés dans le hall de l’hôpital Taaone, à Papeete. pour pouvoir accueillir jusqu’à 48 patients. Photographie prise le 20 août 2021.  Mike LEYRAL / AFP

Pour financer les aides, «on racle les fonds de tiroirs», a déclaré ce dernier à l’AFP, espérant que le confinement ne se prolongera pas au-delà du 6 septembre. Le ministère de l’Economie polynésien doit résoudre une triple équation: encaisser moins de recettes fiscales, financer les dépenses de santé, et soutenir l’emploi pendant le confinement dans une collectivité qui ne dispose pas de caisse de chômage.


■ Le risque de caillots est beaucoup moins élevé après le vaccin qu’avec le covid

Le risque de développer des caillots sanguins est beaucoup moins élevé après s’être fait vacciner contre le Covid-19 qu’en attrapant cette maladie, indique vendredi la plus large étude à ce jour sur les effets secondaires liés au vaccin.

Le risque de développer une thrombose veineuse (phlébite) est presque 200 fois plus élevé en attrapant le Covid (12 614 cas supplémentaires sur 10 millions) qu’en se faisant vacciner avec AstraZeneca (66 cas supplémentaires).

Cette étude britannique, publiée dans le British Medical Journal (BMJ), a comparé les données médicales de 29 millions de personnes ayant reçu leur première dose de Pfizer-BioNtech ou d’Oxford-AstraZeneca entre décembre 2020 et avril 2021 avec celles de presque 2 millions de personnes testées positives au coronavirus.

Alors que des craintes liées aux caillots sanguins ont ralenti l’utilisation du vaccin d’AstraZeneca, les chercheurs ont constaté qu’il existait en effet un «risque accru» d’en développer après s’être fait vacciner, mais que ce risque était «beaucoup plus faible que celui associé à l’infection par le SRAS-CoV-2».


■ Les musées demandent à pouvoir accueillir les visiteurs sans certificat

Pour éviter l’exclusion de certains publics, les musées veulent continuer à recevoir les visiteurs sans certificat, pour autant qu’ils respectent les plans de protection, indique vendredi l’Association des musées suisses. Dans le même temps, elle soutient l’appel à la vaccination.

Le certificat est une option utile pour les musées ainsi que pour toutes les institutions culturelles lorsqu’elles organisent des événements avec un large public. Toutefois, l’AMS plaide pour que les plans de protection déjà éprouvés puissent continuer à être utilisés pour les visites normales au musée.

Une personne observe une paire de sandales en peau datant de 1000 à 700 ans avant notre ère au parc et musée d’archéologie Latenium le 25 mai 2021 a Hauterive près de Neuchatel. KEYSTONE/Laurent Gillieron

Exclure une partie du public comme les groupes scolaires serait contraire à la mission fondamentale, a expliqué Katharina Korsunsky, secrétaire générale de l’ASM à Keystone-ATS. Des mesures efficaces telles que le maintien d’une distance de sécurité et l’obligation du port du masque peuvent facilement être mises en œuvre dans les musées, les châteaux et les jardins botaniques et zoologiques.

Lire notre article: Certificat obligatoire: une stratégie qui divise le monde culturel

Dans l’ensemble, les milieux culturels sont partagés. Les salles qui accueillent des personnes de moins de 30 ans ne sont pas favorables à cette mesure, car peu de personnes dans cette tranche d’âge sont vaccinées. D’autres lieux par contre plébiscitent le certificat Covid: un gage de sécurité pour leur public prudent.


■ Au retour des vacances, le taux de positivité en forte hausse

Depuis le début de la rentrée scolaire, le taux de positivité des tests répétés réalisés dans les classes d’âges ne pouvant pas encore se faire vacciner est en forte hausse. C’est l’observation que fait le groupe de cliniques privées Hirslanden basé à Zurich dans un communiqué ce vendredi.

De 0,15% durant les deux semaines qui ont précédé les vacances scolaires, il est passé à 2,02% depuis la reprise des tests le 16 août dernier. Ces résultats sont issus de la plateforme «Together we test» (Ensemble nous testons) du groupe Hirslanden utilisée par neuf cantons et rassemblant les échantillons de 5400 entreprises et écoles.


■ Avec le variant Delta, l’immunité collective par le vaccin est hors de portée

Face au variant Delta et à sa forte contagiosité, il semble illusoire d’atteindre l’immunité collective uniquement grâce aux vaccins. Mais ceux-ci restent tout de même cruciaux pour circonscrire la pandémie de Covid-19, estiment les spécialistes.

Depuis des mois, l’immunité collective, c’est-à-dire le seuil de personnes immunisées au-delà duquel l’épidémie cesse, est vue comme le Graal d’une sortie de crise. Mais selon certains experts, cet objectif pourrait être hors de portée.

«Si la question est «est-ce que la vaccination seule permettra de faire régresser et contrôler l’épidémie?» c’est non», dit à l’AFP l’épidémiologiste Mircea Sofonea. En effet, «deux paramètres interviennent: la contagiosité intrinsèque du virus et l’efficacité du vaccin par rapport à l’infection. Et là, ce n’est pas suffisant», poursuit-il.

Lire aussi: Ruée sur les troisièmes doses, l’OMS dit stop

Désormais dominant, le variant Delta est jugé 60% plus transmissible que le précédent (Alpha) et deux fois plus que le virus historique. Or, plus un virus est contagieux, plus élevé est le seuil nécessaire à l’immunité collective (laquelle s’obtient via les vaccins ou l’infection naturelle).

Pour le virus historique (au R0 de 3), le seuil d’immunité collective était estimé «à 66%» de personnes immunisées, rappelle Antoine Flahault, épidémiologiste et directeur de l’Institut de santé globale à l’Universisté de Genève. Mais «si le R0 est de 8, comme avec le variant Delta, on arrive à 90%», reprend-il.

Ce seuil pourrait être atteint si les vaccins étaient efficaces à 100% contre l’infection. Mais ce n’est pas le cas. Selon des données publiées mardi par les autorités américaines, l’efficacité des vaccins Pfizer et Moderna contre l’infection a baissé de 91% à 66% depuis que Delta est devenu dominant aux Etats-Unis. Ils restent néanmoins essentiels pour éviter les hospitalisations et les cas graves.


■ Aux Etats-Unis, de plus en plus d’entreprises imposent la vaccination

Avec l’approbation complète du vaccin anti-Covid de Pfizer par les autorités de surveillance, lundi, de plus en plus de grandes entreprises américaines franchissent le pas de la vaccination obligatoire pour leurs employés, voire leurs clients.

Les pharmacies CVS, le pétrolier Chevron, Disney ou la banque Goldman Sachs, tous sont sortis du bois depuis le début de la semaine, imposant à tout ou partie de leurs employés d’apporter la preuve qu’ils ont bien été vaccinés.

Depuis juin, et les annonces de la banque Morgan Stanley et du gestionnaire d’actifs BlackRock, quelques grands groupes avaient déjà osé changer de discours, pour passer de la recommandation à l’obligation. Google, Facebook, puis Uber, avaient ainsi officiellement interdit leurs locaux aux employés sans schéma vaccinal complet.

Mais l’autorisation sans condition, officialisée lundi, du vaccin des laboratoires Pfizer et BioNTech, semble avoir ouvert les vannes. Pour autant, beaucoup n’ont pas encore basculé. Parmi les plus gros employeurs du pays, Amazon, Home Depot, FedEx, UPS ou Target n’ont pas encore parlé d’obligation. Même Walmart n’a imposé la vaccination qu’aux employés de son siège, pas aux salariés de ses magasins et entrepôts.


■ La Nouvelle-Zélande prolonge son confinement national

La Nouvelle-Zélande a prolongé vendredi son confinement national jusqu’au 31 août pour juguler la propagation de cas de Covid-19 liés au variant Delta et cette mesure restera en vigueur plus longtemps à Auckland, épicentre de l’épidémie. Un cas de ce variant beaucoup plus contagieux a été découvert à Auckland, la grande ville de l’Île du Nord, la semaine dernière, mettant fin à six mois sans contamination d’origine locale.

Une rue déserte à Auckland en Nouvelle-Zélande le 26 août 2021.  REUTERS/Fiona Goodall

Cette infection a donné naissance au plus grand foyer épidémique du pays depuis le début de la pandémie, avec un total de 347 cas, dont 70 enregistrés vendredi. Le confinement national, prolongé jusqu’au 31 août, avait été mis en place le 17 août.

La Première ministre Jacinda Ardern a indiqué que des signes laissent présager que l’épidémie atteindra prochainement un pic si le confinement demeure en vigueur. Elle a affirmé qu’Auckland, où tous les cas, à l’exception de 14 ont été recensés, et la région voisine de Northland, devront être confinés au mois deux semaines de plus.

A ce jour, seules 26 personnes sont décédées du Covid-19 sur cinq millions d’habitants, grâce à une stricte fermeture des frontières ainsi que des confinements et une intense politique de traçage dès l’apparition de nouveaux cas.