L’Agence internationale de l’énergie atomique «reste» à la centrale de Zaporojié, annonce son chef

Le chef de l'AIEA Rafael Grossi s'exprime à la presse sur le site nucléaire de Zaporojié en Ukraine, le 1er septembre.

Le chef de l’AIEA a annoncé que des membres de l’organisation allaient «rester» à la centrale de Zaporojié, sous contrôle russe en Ukraine. Il s’est par ailleurs inquiété de plusieurs violations de l’«intégrité» du site nucléaire ayant eu lieu.

«L’AIEA [Agence internationale de l’énergie atomique] reste ici. Faites savoir au monde que l’AIEA reste à Zaporojié», a déclaré ce 1er septembre le chef de l’AIEA Rafael Grossi après une inspection de la centrale nucléaire par des experts de l’agence atomique, selon une vidéo publiée par l’agence russe Ria-Novosti. Il a par la suite précisé qu’«un groupe [allait] être là jusqu’à dimanche [4] ou lundi [5 septembre] pour continuer l’évaluation» de la situation.

Plus tôt, Rafael Grossi avait déclaré avoir «vu ce qu’il avait besoin de voir» lors de l’inspection de ce 1er septembre à la centrale nucléaire de Zaporojié. «Nous avons pu, pendant ces quelques heures, rassembler beaucoup d’informations. J’ai vu les principales choses que j’avais besoin de voir», avait aussi confié le chef de l’AIEA aux médias russes qui accompagnaient la délégation d’experts de l’agence internationale.

L’«intégrité physique» de la centrale «violée à plusieurs reprises»

La plus grande centrale nucléaire d’Europe se trouve actuellement sous le contrôle de l’armée russe en Ukraine, dans le contexte de l’«opération militaire spéciale» lancée par la Russie le 24 février dernier. Les parties russe et ukrainienne se sont réciproquement accusées de bombardements sur le site de cette centrale, soulevant de vives craintes à l’étranger.

Le chef de l’AIEA a affirmé à la presse après sa visite que l’«intégrité physique» de la centrale avait été «violée à plusieurs reprises», précisant que cela ne pouvait «pas continuer à se produire».

Accusé par le président ukrainien Volodymyr Zelensky de ne pas avoir insisté sur la nécessité de «démilitariser» la zone, Rafael Grossi a commenté : «[La démilitarisation de la centrale] est une question de volonté politique. C’est un sujet qui concerne les pays impliqués dans ce conflit, en particulier la Fédération de Russie, qui occupe les lieux. Mais ma mission – je pense qu’il est très important de le dire clairement – ma mission est une mission technique. C’est une mission qui cherche à prévenir un accident nucléaire et à préserver cette importante centrale, la plus grosse centrale nucléaire en Europe, la plus grande de toute l’Europe, pas seulement d’Ukraine. C’est donc sur cela que nous nous concentrons.»

En outre, le ministère russe de la Défense a affirmé ce 1er septembre avoir déjoué une tentative de prise par les troupes ukrainiennes de la centrale nucléaire : «A 7 heures environ [heure de Moscou], les unités des forces armées russes ont empêché une tentative de débarquement, à quelques kilomètres de la centrale nucléaire de Zaporojié, près de la localité de Vodianoïé», a déclaré le ministère.

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