L’Assemblée s’oppose au Conseil d’État : les autotests sont bannis du pass sanitaire

Candidat à la présidentielle, Jean-Frédéric Poisson fait parler de lui en ce moment. Il s’indigne : malgré une décision que le Conseil d’État a prise à sa demande, les autotests ne sont plus admis à valider un pass sanitaire.

Autotests ou pas autotest : personne n’est d’accord

Jean-Frédéric Poisson, chrétien-démocrate, est président du parti VIA (La Voie du peuple). La scandaleuse suppression de l’autotest pour avoir un pass sanitaire, c’est devenu son dada. Il faut dire que c’est le grand n’importe quoi, chaque autorité défaisant ce qu’une autre a tricoté.


14 octobre – Le ministère retire aux autotests la possibilité de valider un pass sanitaire (ils n’auraient été mis en place que pour faciliter les vacances d’été).

15 octobre – VIA s’adresse au Conseil d’État. « La voie du peuple, par l’entremise de son président Jean-Frédéric Poisson, a pris la décision d’attaquer ces décisions considérant que rien ne justifie. De son point de vue, la suppression des autotests et la suppression du remboursement des tests par la sécurité sociale constitue une discrimination objective à l’égard des vingt millions de Français qui ont choisi de ne pas se faire vacciner ou qui n’ont pas pu être vaccinés. Cette décision gouvernementale est en réalité une marche supplémentaire vers la vaccination obligatoire, nouvelle étape dans le rabotage systématique des libertés fondamentales et individuelles effectué depuis presque deux ans maintenant. »

29 octobre – Le Conseil d’Etat adopte la requête de Jean-Frédéric Poisson et suspend le décret du 14 octobre selon lequel les autotests réalisés sous la supervision d’un professionnel de santé ne sont plus reconnus « comme preuve pour le passe sanitaire ».

28 octobre – Le Sénat redonne à l’autotest (réalisé sous la supervision d’un professionnel de santé) la possibilité de valider le pass sanitaire : « L’autotest ne saurait se voir ainsi écarté, au risque de susciter l’interrogation légitime des Français quant à l’objectif premier du gouvernement, qui doit rester le maintien d’une situation sanitaire et non le développement d’outils de coercition à l’encontre des Français qui ne souhaitent pas se faire vacciner. »

2 novembre – LREM La déclaration de la porte-parole de LREM, Prisca Thévenot, vient confirmer l’inquiétude du Sénat : « Le passe sanitaire, c’est un outil parmi tant d’autres pour inciter les gens à se faire vacciner. »

3 novembre – L’Assemblée rejette l’autotest aux oubliettes. Lors de la discussion du 3 novembre 2021, un amendement du groupe LR avait redonné à l’autotest la possibilité de valider un pass sanitaire : « Outre le respect du droit des données personnelles, il autorise le test antigénique ou l’autotest réalisé sous la supervision d’un professionnel de santé pour bénéficier du passe sanitaire. » Amendement rejeté. L’autotest ne donne plus accès au pass sanitaire.
Il n’était sans doute pas assez cher. Un autotest coûte 15,41 € en pharmacie et 20 à 25 € en laboratoire. Un test PCR en laboratoire coûte  entre 31 € (pour une réponse en 48 heures) et 54 € (moins de 24 heures pour avoir le résultat). De plus un autotest n’est pas enfoncé très profondément, et ne fait aucune lésion. Le test PCR, plus punitif, convient mieux au mauvais citoyen pas encore convaincu de se faire vacciner.

4 novembre – Jean-Frédéric Poisson déclare sur son compte Twitter : « Je constate, grâce à vos très nombreux témoignages, que l’ordonnance du Conseil d’État réintroduisant les autotests supervisés comme test ouvrant droit au passe-sanitaire n’a pas été suivie d’exécution par le Gouvernement. Je viens donc de saisir le service contentieux ad hoc. » Sa campagne démarre sur cet argument.

5 novembre – Jean-Frédéric Poisson saisit le service contentieux du Conseil d’État, afin qu’il oblige l’État à exécuter son ordonnance l’obligeant à réintroduire les autotests comme méthode d’accès au passe sanitaire.

Faute d’épidémie, la loi d’urgence sanitaire devient vigilance (sanitaire, bien sûr)

Les adoucissements des amendements proposés par le Sénat, c’est pour faire croire au débat démocratique. En fait, le texte initial tel quel va être adopté par l’Assemblée après un autre aller-retour vers le Sénat. Si Emmanuel Macron en décide, la crise sanitaire pourra être prolongée jusqu’au 31 juillet, en métropole comme aux Antilles, que le virus revienne ou pas. Interdiction de circuler librement, interdiction d’être soigné sans pass, couvre-feu, confinement, tout est possible, tout est réalisable !
Et le droit de vote dans tout ça ? Un amendement qui le défend a été déposé à l’Assemblée : « L’Etat d’exception sanitaire ne doit pas être instrumentalisé pour l’organisation du prochain scrutin présidentiel. La reconnaissance par la loi de la disposition interdisant l’obligation de présenter un passeport sanitaire dans un bureau de vote doit être explicitement cité. » Amendement rejeté. La conclusion est que l’accès aux bureaux de vote sans pass, cela dépendra du taux d’incidence, ou du pourcentage de Macron dans les sondages…
Alors qu’un autotest permette d’avoir un pass sanitaire ou pas, qu’il soit remboursé ou pas ? Quelle importance ? Cela ne remet rien en cause, et surtout pas la fiction d’une super pandémie qui touche mortellement… 0,063 % de la population. Les navettes entre le Sénat et le Parlement, l’avis du Conseil d’État, celui de la Cour constitutionnelle, comme l’actuelle discussion sur l’autotest, ne sont qu’une façon de faire croire qu’il se passe quelque chose et que rien n’est joué.…

Jacqueline pour Le Média en 4-4-2.

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