Le suivi des contacts de TousAntiCovid a eu «une utilité marginale», selon la CNIL

L'application TousAntiCovid devait permettre à l'utilisateur de savoir s'il s'était trouvé à proximité d'une personne malade (image d'illustration).

Dans un rapport consacré aux outils utilisés contre l’épidémie de Covid-19, la Commission nationale de l’informatique et des libertés a souligné les limites de la principale fonction de l’application mobile, sous-utilisée.

Un bilan plus que mitigé. Le gendarme français des données personnelles est revenu, dans son cinquième avis consacré aux outils numériques destinés à lutter contre le Covid-19 publié le 4 juillet, sur l’application TousAntiCovid et a mis en cause l’utilité de sa fonction principale, à savoir le suivi des contacts avec des personnes malades, au moyen de la fonctionnalité Bluetooth des smartphones.

Selon la Commission, cette fonctionnalité présente «une utilité marginale», puisque l’efficacité de l’application est «très dépendante du nombre d’applications activement utilisées». Or, comme le rappelle le média Numerama, «une ribambelle de conditions préalables» était requise pour s’assurer d’un bon fonctionnement  du dispositif. «Il faut rappeler que les personnes doivent détenir un smartphone […] qu’elles activent le Bluetooth pour l’application, que celle-ci doit être installée et configurée, que les individus malades aient bien inscrit dans l’appli leur situation médicale et que la transmission à distance réussisse», énumère le média spécialisé, soulignant que l’application peut fort bien être installée sur un téléphone sans avoir été ouverte ou activée depuis des mois.

La CNIL note, suivant ce raisonnement, que «les statistiques d’utilisation de la fonctionnalité de suivi de contacts (proportion de cas positifs se déclarant dans l’application, nombre d’utilisateurs notifiés, proportion des personnes testées positives s’étant déclarées dans l’application après avoir été notifiées, etc.) ne semblent pas particulièrement élevées».

Du point de vue de la protection des données personnelles, cette sous-utilisation permet toutefois de limiter l’atteinte à la vie privée, «particulièrement faible» selon la CNIL «en raison des garanties présentées, au premier rang desquelles figure le volontariat des utilisateurs», un aspect qui permet d’envisager son maintien.

D’après la Commission, TousAntiCovid peut cependant s’avérer utile dans un contexte de circulation active du Covid-19, ce qui est à nouveau le cas en France d’après les derniers chiffres de Santé publique France. La CNIL recommande d’ailleurs que les utilisateurs ne soient incités à activer cette fonctionnalité de suivi des contacts que durant les périodes de circulation active du virus et «sous réserve de garanties additionnelles», dont une «sensibilisation accrue des utilisateurs». Enfin, elle réaffirme que «par principe, le recours à un tel dispositif doit être limité à la durée strictement nécessaire à la réponse à une situation sanitaire exceptionnelle».

Dans un précédent avis rendu en novembre 2021, l’autorité indépendante avait mis en évidence, s’agissant de TousAntiCovid, «plusieurs insuffisances en matière de protection des données, telles que l’absence d’anonymisation des données d’utilisation», qui avaient ensuite été corrigées.

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