Les centres de vaccination contre le Covid de moins en moins fréquentés : «Il n’y a personne ici !»

Les centres de vaccination contre le Covid de moins en moins fréquentés : «Il n’y a personne ici !»

L’affluence baisse drastiquement dans les centres de vaccination contre le Covid-19. Une situation préoccupante, selon le ministère de la Santé qui estime à 3 millions le nombre de Français susceptibles de perdre leur passe vaccinal le 15 février. Reportage dans le nord de la capitale.

Ce samedi 29 janvier, la mairie du XVIIIe arrondissement de Paris, qui fait office de centre de vaccination, était déserte. LP/Frédéric Dugit

Le 29 janvier 2022 à 17h01, modifié le 29 janvier 2022 à 17h56

Des rangées de chaises vides, dénuées du moindre occupant. Il est à presque 10 heures en ce samedi matin et le rez-de-chaussée de la mairie du XVIIIe arrondissement, dans le nord de Paris, qui abrite depuis des mois le centre de vaccination contre le Covid-19 ressemble à une étonnante salle de classe désertée de ses occupants. Finies les longues files d’attente, l’organisation millimétrée mise en place l’été dernier par les professionnels de santé pour rendre la fréquentation plus fluide. Aujourd’hui, on s’ennuierait presque.

Derrière son petit bureau, à l’accueil, un jeune homme soupire. « Ça se vide ! La semaine dernière, on accueillait encore 900 à 1 000 personnes chaque jour. Ça a diminué de moitié, au moins. Il y a aussi beaucoup de gens qui prennent rendez-vous et ne viennent pas », déplore-t-il.

Partout sur le territoire, c’est la même situation. Avec 262 000 personnes vaccinées recensées mardi par le ministère de la Santé, 220 000 mercredi, 180 000 jeudi, et malgré un sursaut vendredi (356 000 doses), un coup de frein marque la campagne de rappel de vaccination contre le Covid. À tel point que le ministère de la Santé a publié vendredi une vidéo où le ministre Olivier Véran incite les Français récalcitrants à accepter cette dose supplémentaire.

Aujourd’hui, 35 des 46 millions de Français éligibles à la vaccination de rappel ont fait leur troisième dose. C’est beaucoup… mais pas assez, d’après le ministère. Si on soustrait les quelque 4 millions qui ont été contaminés il y a moins de trois mois, il reste sept millions de personnes à qui on n’a pas encore administré les trois doses du fameux sérum.

« Ça ne sert à rien d’être aussi nombreux »

À la mairie du XVIIIe, huit box blanc en préfabriqué accueillent encore les personnes qui souhaitent se faire piquer. Plusieurs étaient vides, ce samedi matin. Et quand on jette un œil dans l’une des guérites, on aperçoit même une infirmière désœuvrée, pianotant sur son téléphone portable. « On va bientôt réduire le personnel car ça ne sert à rien d’être aussi nombreux. En février, on ouvrira moins de box », prédit Shann Cardenas, l’une des coordinatrices du centre qui rappelle les grandes heures, en décembre quand « tout était blindé et (qu’) il y avait une file qui s’étirait tout le long du couloir, là-bas », désigne-t-elle. Les temps changent. « En ce moment, soit les gens sont malades ou cas contact et ne veulent plus venir, soit ils ne veulent tout simplement pas se faire injecter cette 3e dose », analyse-t-elle.

Roger et Monique, deux septuagénaires, ont fait le déplacement de leur proche XVIIe et viennent de se faire vacciner. Avant de repartir, le couple préfère s’asseoir quelques minutes, seul, au milieu des rangées de chaises sans occupant. « On est arrivés en avance sur notre rendez-vous et ils nous ont pris tout de suite. Il n’y a personne ici ! » s’étonne encore Roger, bien content d’en avoir fini avec cette 3e dose.

« On a pris rendez-vous hier mais j’ai l’impression qu’ils acceptent de faire l’injection sur-le-champ à toute personne qui se présente. Hier c’était le cas », confie-t-il.

« Il est probable qu’on ferme courant février »

Comment expliquer une telle désaffection ? « C’est les vases communicants ! Tous les jours, j’entends la même chose. Les gens sont atteints par le Covid alors ils me disent qu’ils ne vont pas à leur rendez-vous ! », estime, à deux pas de la mairie, une pharmacienne, place Charles-Bernard.

En attendant, les centres réduisent la voilure partout dans la capitale. « Depuis une semaine, on a décidé de fermer le centre le mardi et le mercredi car il n’y a plus assez de monde. On est passés de dix postes à trois ou quatre et il est désormais probable qu’on ferme courant février, indique Béatrice Rochet, infirmière du centre de vaccination de la rue Pierre-Girard, dans le XIXe. C’est hyper calme, c’est la fin », lâche-t-elle.

Seulement voilà. Le 15 février, les règles du passe vaccinal vont changer. En clair, les vaccinés d’avant le 15 octobre, qui n’ont pas fait leur rappel d’ici à la mi-février, verront leur passe désactivé. Et cela pourrait concerner un nombre important de personnes. Les autorités estiment aujourd’hui à 3 millions le nombre de Français qui pourraient ne pas être à jour au 15 février… et risquer ainsi de perdre leur passe.

Source : https://www.leparisien.fr/societe/sante/les-centres-de-vaccination-contre-le-covid-de-moins-en-moins-frequentes-il-ny-a-personne-ici-29-01-2022-Y6DN7HM62VEKRBDHNZWKYGYQYA.php#xtor=AD-1481423553

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