Les sanctions contre l’économie russe fonctionnent-elles vraiment, comme le dit Paris ?

Un homme marche près du centre d'affaires international de Moscou (image d'illustration).

A rebours des données économiques soulignant notamment que les sanctions occidentales sur l’énergie russe profitaient à Moscou, la ministre française des Affaires étrangères martèle qu’au contraire ces dernières sont efficaces… Vraiment ?

A l’instar de son collègue Bruno Le Maire, la chef diplomatie française Catherine Colonna soutient que la stratégie des sanctions adoptée par les pays occidentaux contre la Russie est efficace… Un constat à rebours de nombreuses données économiques.

«Les sanctions fonctionnent. Il serait faux de dire qu’elles n’ont pas d’effet sur l’économie russe. Le PIB russe est en baisse. Des pans nombreux de son industrie sont frappés», a-t-elle affirmé le 5 septembre sur RTL alors que son interlocutrice évoquait les voix dissonantes qui surgissent au sein du continent européen sur ce sujet. «Les sanctions marchent […] elles vont marcher de plus en plus», a-t-elle renchéri citant la réduction de la «dépendance» à l’énergie russe pour diminuer le financement de l’«effort de guerre russe». 

La flambée des prix des hydrocarbures dope les recettes de la Russie

Mais certains journalistes et spécialistes économiques ont souligné au contraire la bonne résistance de l’économie russe qui profite notamment de l‘explosion du prix de l’énergie. «Moscou empoche plus de recettes que jamais grâce à de nouveaux acheteurs et à de nouveaux opérateurs grâce à la demande mondiale de pétrole brut, apparemment insatiable», notait ainsi fin août leWall Street journal.

Le vice-Premier ministre russe chargé de l’Energie rappelait à ce titre le 30 juin, lors d’un entretien avec la chaîne de télévision russe Rossia-24, que la production pétrolière de la Russie avait pratiquement retrouvé le niveau qui était le sien avant le début de l’offensive en Ukraine, à quelque 9,9 millions de barils par jour.

«La Russie n’a pas besoin de financement, elle est littéralement noyée sous le cash depuis l’invasion de l’Ukraine», analysait pour sa part sur RTL l’économiste François Lenglet. Selon la société de recherche économique indépendante basée à Londres Capital Economics, la Russie «pourrait couper le gaz [à l’Europe] pendant un peu plus d’un an sans conséquences néfastes pour l’économie».

Par ailleurs, si le PIB de la Russie s’est effectivement contracté de 4% au deuxième trimestre par rapport à la même période en 2021, tandis que l’inflation atteint des niveaux élevés – comme dans de nombreux pays – le rouble a fort bien résisté aux sanctions occidentales en devenant la monnaie la plus performante de 2022, notamment grâce à des mesures de contrôle de capitaux mises en places par les autorités. 

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