L’euro au plus bas face au dollar depuis 20 ans : une récession menace l’Europe

La devise européenne a connu un record à la baisse face au billet vert en raison d’une crainte de récession dans la zone euro. Cette menace est largement liée à la hausse des coûts de l’énergie entraînée par le conflit en Ukraine.

L’euro a touché le 5 juillet son plus bas niveau depuis près de 20 ans face au dollar américain, à 1,0298 dollar pour un euro, emporté par les tensions sur l’énergie en Europe et la force du billet vert.

«Les craintes croissantes d’une récession font baisser l’euro, tandis que le dollar s’envole», commente Fiona Cincotta, analyste de la société de courtage City Index citée par l’AFP. Selon elle, les cambistes font le pari que la Federal Reserve (FED), Banque centrale des Etats-Unis, va continuer à relever ses taux d’intérêt de manière agressive pour tenter de maîtriser l’inflation.

Elle évoque aussi les données de l’indice PMI qui reflète les anticipations des acheteurs des entreprises industrielles, et dont la dernière publication, ce 5 juin en Europe, a «mis en évidence le risque de ralentissement de la croissance à la fin du deuxième trimestre». En outre, la croissance de l’activité économique en zone euro a fortement ralenti en juin dans le secteur privé, au plus bas depuis 16 mois, selon un indice calculé sur la base de sondages d’entreprises et publié par l’agence S&P Global.

«La récession semble inévitable»

Pour Neil Wilson, analyste pour la société de négoce Markets.com, en zone euro, «la récession semble inévitable». Il estime aussi que «l’euro est dans une situation désespérée» et que « à moins que la BCE ne se ressaisisse, la parité pourrait bientôt être atteinte».

«Les fortes hausses des prix du gaz et de l’électricité font courir un risque important que l’économie de l’UE entre en récession plus tôt que prévu», affirme pour sa part dans un rapport cité par l’AFP, Trevor Sikorski, analyste chez Energy Aspects, une société de conseil britannique spécialisée dans l’énergie.

Pour Guillaume Dejean, analyste chez la multinationale des transferts d’argent Western Union, il y a un risque à la fois de pénuries d’énergie et de baisse de la consommation des ménages, en raison d’une baisse de pouvoir d’achat imputable à l’inflation et à la hausse des prix de l’énergie .

Depuis le début de l’année, le prix du TTF néerlandais, référence du gaz naturel en Europe, a grimpé de près de 150%, atteignant 176,01 euros le mégawattheure ce 5 juillet. Avant l’opération militaire russe de l’Ukraine le 24 février, il évoluait bien en dessous des 100 euros le mégawattheure.

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