«L’Ukraine a bon dos» : Michel-Edouard Leclerc juge certaines hausses de prix «suspectes»

Michel-Edouard Leclerc souhaite que les parlementaires enquêtent sur les raisons de l'inflation (image d'illustration).

Le président du comité stratégique des centres E. Leclerc estime que certaines hausses de prix sont «suspectes» et non «transparentes». Il réclame une commission d’enquête des parlementaires «sur les origines de l’inflation».

Le médiatique président du comité stratégique des centres E. Leclerc, Michel-Edouard Leclerc, a estimé le 30 juin sur BFM TV que «la moitié des hausses de prix» demandées par les industriels de l’agro-alimentaire n’étaient «pas transparentes et [étaient] suspectes». Il a appelé l’Assemblée nationale à se pencher sur le sujet.

«J’aimerais bien que les députés […] ouvrent une commission d’enquête sur les origines de l’inflation, sur ce qui se passe sur le front des prix depuis les transports jusqu’aux consommateurs», a-t-il expliqué, jugeant que «beaucoup des hausses demandées sont des hausses d’anticipation, voire de spéculation». Et selon lui certaines hausses n’ont rien à voir avec le conflit militaire en cours en Ukraine. «L’Ukraine a bon dos», a ainsi fustigé Michel-Edouard Leclerc, mettant en cause les spéculateurs et certains grands groupes internationaux.

Devant la flambée des coûts de production liés au redémarrage de l’économie post-Covid-19 ainsi qu’à la situation en Ukraine, le gouvernement avait appelé mi-mars distributeurs et industriels de l’agroalimentaire à se remettre autour de la table pour revoir les contrats tout juste signés le 1er mars à l’issue des négociations commerciales.

Ces contrats fixent le prix de certains des produits qui seront vendus dans l’année en grandes surfaces et le premier round des négociations avait abouti à une augmentation moyenne de 3% des prix facturés par les industriels aux distributeurs.

Or, estime aujourd’hui Michel-Edouard Leclerc, ces renégociations ont «donné la prime à la surenchère». «Quand un fournisseur arrive avec ses factures, on lui demande la transparence. Je comprends que les petites entreprises [soient fortement affectées par] le prix du verre, de l’aluminium», a-t-il assuré. «Pour les plus petits que nous, on a du discernement et on [accepte] leurs hausses» de prix.

Il a en revanche stigmatisé «les grandes entreprises internationales [qui sont arrivées] avec des factures de transport en augmentation de 15, 20, 30%, notamment les prix des containers qui ont augmenté de 30%». Ce, alors que «les sociétés de transport sortent des bénéfices par milliards l’année dernière», a-t-il souligné.

Des députés Nupes favorables à l’ouverture d’une enquête parlementaire

Autre exemple, les «fabricants de produits à base de chocolat ou de cacao qui invoquent l’Ukraine pour une augmentation de 15% de tarif sur les barres chocolatées ou la confiserie…», a-t-il ajouté, appelant les parlementaires à «demander un peu à tout le monde de justifier sa part de hausse».

«Excellente suggestion», a réagi le député socialiste (PS) Olivier Faure dans un tweet, ironisant : «(précision utile pour sa bonne réputation, il n’est pas Nupes).»

Pour la députée Insoumise (LFI) Clémentine Autain, «l’augmentation de l’inflation est directement corrélée aux immenses sommes données aux grands groupes sans aucune contrepartie». «Excellente idée que cette commission d’enquête, nous avons besoin de savoir», a-t-elle complété.