Nord Stream : malgré le sabotage, la Russie se dit prête à reprendre ses livraisons de gaz

Infrastructures liées au gazoduc Nord Stream 1, à Lubmin, dans le nord-est de l'Allemagne, le 30 août 2022. (Photo d'illustration)

Si les Européens le veulent, la Russie pourrait reprendre ses livraisons de gaz via une ligne non endommagée de Nord Stream 2, a annoncé en marge d’une réunion de l’Opep+ le vice-Premier ministre russe en charge de l’énergie.

La Russie s’est dite prête à livrer du gaz à l’Europe via le gazoduc Nord Stream 2, dont une des lignes n’a pas été endommagée par des fuites, a annoncé ce 5 octobre le vice-Premier ministre en charge de l’Energie, Alexandre Novak.

«Si les décisions juridiques nécessaires sont prises par les Européens concernant sa certification et la suppression des restrictions, je pense que la Russie pourrait, dans un court laps de temps, fournir du gaz via cette ligne», a déclaré Alexandre Novak à la télévision russe à l’issue d’une réunion des pays de l’Opep+ à Vienne.

Le 26 septembre, plusieurs explosions ont endommagé les deux gazoducs Nord Stream 1 et 2 au sud-est de l’île danoise de Bornholm. Un «acte de terrorisme international», a dénoncé le président russe, pointant du doigt les puissances anglo-saxonnes

L’une des deux conduites de Nord Stream 2 pourrait donc, selon Alexandre Novak, être apte à livrer du gaz aux Européens via l’Allemagne, bien que l’installation n’ait jamais été inaugurée en raison des sanctions occidentales.

Ursula von der Leyen veut plafonner le prix d’achat du gaz

Les mesures antirusses semblent destinées à s’alourdir avec l’approbation, ce 5 octobre à Strasbourg, d’un huitième paquet de sanctions en réponse au rattachement à la Fédération de Russie des régions de Kherson et de Zaporojié et des deux républiques populaires de Donetsk et de Lougansk.

Devant les Eurodéputés, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a appelé ce 5 octobre à la mise en place d’un plafonnement temporaire des prix du gaz naturel, malgré le désaccord entre les Etats membres sur cette question. 

Réunis à Bruxelles le 30 septembre, afin de trouver des réponses à la crise énergétique, les ministres de l’Energie des Vingt-Sept s’étaient en effet montrés divisés à l’idée d’instaurer un plafonnement des prix du gaz. Si Paris s’est dit favorable, d’autres comme l’Allemagne craignent un précédent qui menacerait l’approvisionnement énergétique des Européens, en dissuadant les «partenaires fiables» de livrer leur gaz à l’UE, pour l’orienter ailleurs.

Cette mesure est aussi fustigée par la Russie, pour d’autres raisons bien sûr. Le vice-Premier ministre russe Alexandre Novak estime que celle-ci «violerait les mécanismes du marché» et pourrait avoir «un effet très néfaste» sur l’industrie mondiale. Aussi rappelle-t-il que les entreprises russes «ne fourniront pas de pétrole aux pays qui utilisent cet instrument».

L’or noir est en effet lui aussi dans le collimateur des Européens, après l’accord des membres du G7, début septembre, d’instaurer un plafonnement du prix d’achat du pétrole russe. Une «décision absolument stupide» avait réagi dans la foulée Vladimir Poutine, prévenant que son pays ne livrerait «rien du tout si c’est contraire à nos intérêts».

Un instrument également jugé contre-productif par des acteurs européens du secteur des hydrocarbures. Toujours ce 5 octobre, Patrick Pouyanné patron de TotalEnergies a estimé qu’instaurer un plafonnement sur le pétrole russe serait une «façon de rendre l’avantage à Vladimir Poutine» en lui offrant l’opportunité de fermer le robinet aux Européens.

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