Sarthe. “A l’hôpital du Bailleul, sous 15 jours il n’y aura plus de bloc, ni d’urgence, ni de maternité”

 
 
 
 

A l’hôpital du Bailleul, c’est l’alerte maximale pour sauver l’établissement. Après les médecins, deux élus, Sylvie Tolmont et Daniel Chevalier alertent pour sauver la structure.

Les 20 médecins anesthésistes de l'hôpital du Bailleul (Sarthe) ont annoncé que si la loi Rist était appliquée, ils partiraient.

Après les médecins de l’hôpital du Bailleul, ce sont deux élus du territoire qui tirent la sonnette d’alarme, après s’être rendus au Pôle Santé Sarthe et Loir, vendredi 8 octobre 2021. Daniel Chevalier, président la communauté de communes du Pays sabolien et Sylvie Tolmont, députée de la 4e circonscription de la Sarthe sont très inquiets pour l’avenir même de l’hôpital. 

 

« Ce qui est en train de se passer à l’hôpital du Bailleul est tellement énorme que les gens semblent ne pas en saisir la mesure. » Le président de la Communauté de communes du Pays Sabolien, Daniel Chevalier, est très inquiet de ce qui se joue depuis quelques jours au sein du deuxième hôpital du département, qui est né de la fusion entre les hôpitaux de Sablé-sur-Sarthe et de La Flèche

Depuis de nombreux mois, la fermeture ponctuelle du service des urgences, faute d’un nombre suffisant de médecins, est devenue une rengaine.

 

La fermeture annoncée de la maternité, du SMUR et du bloc opératoire

Avec l’application annoncée de la loi Rist à partir de la fin du mois d’octobre, c’est désormais la fermeture annoncée de la maternité, du SMUR et du bloc opératoire.

Sylvie Tolmont, députée l’explique sans langue de bois. « Les 20 anesthésistes ont déclaré que dans ces conditions, ils arrêtaient ». Conséquence immédiate ?

« Le remède pire que le mal »

« Cette loi, est bonne sur le fond, souligne Daniel Chevalier, par ailleurs vice-président du Conseil départemental et maire de Juigné-sur-Sarthe. Elle a pour but de lutter contre l’explosion des rémunérations de certains médecins. Le problème de cette loi, c’est qu’elle n’envisage pas les conséquences sur certaines structures. Pour nous, le remède est pire que le mal. » Position partagée par Sylvie Tolmont. 

Le mal au Bailleul, c’est le manque de médecins titulaires et le recours systématique à des médecins intérimaires rémunérés à grands frais. Le remède consiste à plafonner leurs revenus.

 

La conséquence directe sera le manque d’attractivité de l’hôpital du Bailleul, l’impossibilité de maintenir certains services et la réorientation des malades vers d’autres villes.

« Les chances de survie à un arrêt cardiaque ne sont pas les mêmes à Sablé et au Mans »

« C’est la loi, regrette Daniel Chevalier. La direction de l’hôpital n’a pas d’autre choix que de l’appliquer. Aujourd’hui, hélas, les chances de survie à un arrêt cardiaque ne sont pas les mêmes à Sablé et au Mans. » 

Après 14 années de fonctionnement, l’hôpital du Bailleul est dans une situation telle qu’il pourrait, à partir de novembre, ne plus assurer sa mission de fournir un accès aux soins minimal à la population.

Et maintenant ?

« Les syndicats veulent se bouger », souligne Daniel Chevalier. 

“Les élus vont s’associer à eux et aux soignants. Il s’agit à la fois de défendre un outil de travail pour le personnel de l’hôpital et d’assurer la sécurité de l’accès aux soins à la population. Ce que nous décrivent les soignants est grave. Il faut montrer qu’on n’est pas d’accord, on paye des impôts pour que ça fonctionne”. 

Daniel Chevalier

« Que tous les élus du territoire se rassemblent »

Sylvie Tolmont appelle à « ce que tous les élus du territoire se rassemblent en force ».

Le président du Pays Sabolien souhaite alerter les élus du Département, de la Région et les parlementaires pour « activer des leviers ».

“On va aussi alerter la population pour qu’ils apportent leur soutien à leur hôpital. On va informer les parlementaires de notre situation. Ce que l’on va faire pour nous, va servir pour les autres hôpitaux qui sont dans la même situation.”

Daniel Chevalier

Les formes de la mobilisation ne sont pas encore définies pourtant comme le fait savoir une soignante : « L’heure est grave. »

« La survie de l’hôpital se joue à quelques semaines »

Sylvie Tolmont va interpeller le ministre à l’assemblée mardi et en attendant elle tape du poing sur la table. « Je demande que le directeur de l’ARS vienne nous voir. On ne peut pas nous laisser dans une situation où la survie de l’hôpital se joue à quelques semaines ». 

Source : https://actu.fr/pays-de-la-loire/sable-sur-sarthe_72264/sarthe-a-l-hopital-du-bailleul-sous-15-jours-il-n-y-aura-plus-de-bloc-ni-d-urgence-ni-de-maternite_45548232.html