ONU : Paris et Kiev votent contre un projet de résolution condamnant la glorification du nazisme

La France, l’Ukraine ou encore l’Allemagne ont voté contre un projet de résolution présenté par la Russie, qui proposait de lutter contre le néonazisme. Le camp occidental y voyait une tentative de Moscou de justifier son intervention en Ukraine.

Le 4 novembre à l’ONU, la Russie a présenté un projet de résolution relatif à la «lutte contre la glorification du nazisme, du néonazisme et d’autres pratiques qui contribuent à alimenter les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l’intolérance qui y est associée». Alors que Moscou justifie son intervention militaire entre autres, par la nécessité de «dénazifier» l’Ukraine, cette résolution a été adoptée par 105 voix pour, avec 52 voix contre et 15 abstentions. 

Parmi les pays qui ont refusé de se dire profondément préoccupés par la glorification, quelle qu’en soit la forme, du mouvement nazi, du néonazisme et des anciens membres de l’organisation Waffen-SS, se trouvent notamment la France, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l’Ukraine ou encore… l’Allemagne.

Les démocraties occidentales ont expliqué leur rejet de cette résolution par la situation en Ukraine. L’Australie a en effet présenté un amendement – adopté par 63 voix pour, 23 contre et 65 abstentions – accusant la Fédération de Russie de chercher à justifier son opération militaire en Ukraine en invoquant l’élimination du néonazisme. Cet amendement stipulait en outre qu’invoquer le néonazisme comme prétexte pour «justifier une agression territoriale [compromettait] sérieusement les mesures prises pour combattre réellement ce fléau», selon le compte rendu disponible sur le site de l’ONU.

De son côté, la Russie s’est dissociée de cet amendement, qui visait selon elle tout simplement à empêcher l’adoption de la résolution. La République arabe syrienne, la Chine ainsi qu’entre autres le Burundi et l’Egypte ont également regretté que l’incorporation de cet amendement vienne «politiser» une résolution qui se voulait avant tout thématique. 

En décembre dernier, et comme depuis 2012, la Russie avait présenté une résolution similaire. Seuls les Etats-Unis et l’Ukraine l’avaient alors rejetée, 49 autre pays, dont la France, s’étant abstenus.

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