Passe vaccinal : “rien ne justifie ce système attentatoire aux libertés publiques”

Passe vaccinal : "rien ne justifie ce système attentatoire aux libertés publiques"

On nous explique qu’il faut continuer à injecter à tout-va le vaccin pour freiner l’extension du variant Omicron, jugé par Jean Castex « beaucoup plus dangereux mais clairement moins sévère », formule qui devrait lui assurer un franc succès quand les salles de spectacle en auront fini avec les jauges. Hans Lucas via AFP
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Si surprenant que cela puisse paraître, le passe vaccinal entre en vigueur au moment même où il est avéré qu’il n’est plus utile, sauf à imposer la vaccination obligatoire sans le dire, et à braquer encore davantage ceux qui sont les plus réticents. Pour inoculer le virus de la défiance, il n’y a pas mieux, juge Jack Dion.

Le gouvernement a réussi un exploit qui restera dans les annales. Le Premier ministre, Jean Castex, a en effet annoncé une « levée progressive des restrictions » destinées à lutter contre le Covid tout en instaurant, pour une durée indéterminée, un passe vaccinal qui les renforce. Ce système relève de la surveillance généralisée et de la mise sous cloche d’une partie de la population, celle-là même qui est composée de « mauvais citoyens » non vaccinés, tout juste bons à être « emmerdés » comme dirait Emmanuel Macron, adepte de la phrase fleurie et du mot juste.

Lorsqu’il est à Bruxelles pour honorer la présidence française de l’Union européenne et sans jamais penser à la campagne présidentielle, bien sûr, l’hôte de l’Élysée célèbre « l’État de droit ». Lorsqu’il est à Paris, il le maltraite sans vergogne, au nom d’enjeux sanitaires qui ne nécessitent en rien un attirail entravant des libertés aussi fondamentales que celle d’aller et venir sans avoir à montrer patte blanche, et QR Code dûment valide, pour aller déguster un café, assis ou debout. Alors que 80 % des Français ont un schéma vaccinal complet, on nous explique qu’il faut continuer à injecter à tout-va le vaccin pour freiner l’extension du variant Omicron, jugé par Jean Castex « beaucoup plus dangereux mais clairement moins sévère » formule qui devrait lui assurer un franc succès quand les salles de spectacle en auront fini avec les jauges.

Retrouver la rationalité

Depuis le début de la pandémie, le pouvoir souffle le chaud et le froid à des fins électoralistes. Il joue à tour de rôle la carte de la dramatisation et celle de l’espoir. Il trie entre les bons citoyens, vaccinés, et les autres, transformés en boucs émissaires, à croire qu’ils sont tous des antivax forcenés et bornés. Il y en a, certes, et il n’est pas question de leur trouver la moindre circonstance atténuante. Mais il ne faut jamais oublier le profil type du non-vacciné : une personne âgée isolée au fin fond de la campagne ou dans une barre HLM de la Seine-Saint-Denis. Autant dire qu’on est loin du militant ayant fait sa formation dans les caves d’un groupuscule complotiste, comme on le lit sous la plume de commentateurs amateurs d’émotions fortes, transformés en Rouletabille traquant l’ennemi de l’intérieur.

Il serait temps de revenir sur terre et de remettre un minimum de rationalité dans cette affaire. S’il faut continuer à être prudent, malgré le recul annoncé de la pandémie, et encourager la vaccination, rien ne justifie l’instauration d’un système attentatoire aux libertés publiques. Si surprenant que cela puisse paraître, le passe vaccinal entre en vigueur au moment même où il est avéré qu’il n’est plus utile, sauf à imposer la vaccination obligatoire sans le dire, et à braquer encore davantage ceux qui sont les plus réticents. Pour inoculer le virus de la défiance, il n’y a pas mieux – ou pis, comme on veut.

Source : https://www.marianne.net/agora/les-signatures-de-marianne/passe-vaccinal-rien-ne-justifie-ce-systeme-attentatoire-aux-libertes-publiques

"Non-vaccinés récalcitrants : la patience a ses limites"

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"Non-vaccinés récalcitrants : la patience a ses limites"

Si nous sommes frappés par une quatrième vague, ce ne sera ni la faute de la mère Nature ni même, pour une fois, celle du gouvernement. Mais la faute des non-vaccinés. À cause d’eux, nous risquons de perdre la course contre la montre : monter le niveau d’immunité collective avant que le virus n’ait trop muté.

Il va falloir bien les humer ces mois d’été sans masque, en terrasse, le nez au vent. À la rentrée, les meilleurs modélisateurs le prédisent, la quatrième vague menace. Avec son lot de restrictions, de colère et de dépressions. Ce sera la vague de trop. Celle qui donnera le sentiment qu’on n’en finira jamais. Celle qu’on aurait pu éviter.

Contrairement aux trois premières, cette vague n’a rien d’une fatalité. Nous possédons l’antidote : la vaccination. Et, contrairement à bien des régions du monde, nous avons acheté assez de doses. Si nous sommes frappés, ce ne sera ni la faute de la mère Nature ni même, pour une fois, celle du gouvernement. Mais la faute des non-vaccinés.

À cause d’eux, nous risquons de perdre la course contre la montre : monter le niveau d’immunité collective avant que le virus n’ait trop muté.

Vivre ensemble

Jusqu’ici, tout le monde a été bien patient avec les récalcitrants. On les a entendus, patiemment, nous expliquer qu’ils ne voulaient pas servir de cobayes, que la science avançait trop vite, qu’il ne fallait pas contrarier la nature, que, d’ailleurs, ces vaccins ne protégeaient qu’à 90 % et qu’ils ne voulaient pas qu’on leur implante des puces 5G (ils l’ont lu sur leur smartphone 5G).

« Plus ils tardent à se faire vacciner, plus nous avons des chances de nous prendre collectivement la quatrième vague sur le nez. Et ça, ceux qui ont joué le jeu ne pourront pas l’avaler. Ni accepter de nouvelles restrictions pour protéger les plus fragiles… c’est-à-dire les non-vaccinés ! »

On arrive à rester calme en songeant à la sélection naturelle. Après tout, que des râleurs compulsifs, paranoïaques et complotistes, ne veuillent pas se faire vacciner, ça laisse plus de doses pour les autres. Le problème, c’est qu’ils sont nombreux. Et que nous vivons ensemble. Plus ils tardent à se faire vacciner, plus le virus mute, plus nous avons des chances de nous prendre collectivement la quatrième vague sur le nez. Et ça, ceux qui ont joué le jeu ne pourront pas l’avaler. Ni accepter de nouvelles restrictions pour protéger les plus fragiles… c’est-à-dire les non-vaccinés !

Obligatoire ?

Ni se montrer solidaires avec le personnel soignant dont une partie refuse toujours de s’immuniser. Pas des médecins ni des infirmières, mais les petites mains de l’hôpital, rattrapés par la fatigue et la peur, plus sensibles aux théories du complot. Leur dévouement ne peut justifier le risque qu’ils font peser sur l’hôpital et sur notre retour à une vie normale.

Plusieurs vaccins sont déjà obligatoires à l’hôpital. Contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite, l’hépatite B et la tuberculose. Le vaccin contre le coronavirus doit rejoindre cette liste au plus vite. Il est même le plus justifié ! On y viendra tôt ou tard. Mieux vaut tôt, avant cet été, que trop tard. À l’automne, la quatrième vague aura déferlé. Et nous ne pourrons pas le pardonner aux non-vaccinés.

Source : https://www.marianne.net/agora/les-signatures-de-marianne/non-vaccines-recalcitrants-notre-patience-a-des-limites

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