Pourquoi l’Espagne songe à traiter le Covid-19 comme une grippe

Alors qu’Omicron pullule, mais tue moins, l’Espagne envisage de réduire les tests, pour éviter de paralyser l’économie et d’engorger les cabinets médicaux qui peinent à accueillir les autres patients.

Balade masquée dans les rues de Madrid, où le Covid-19 pourrait devenir un banal virus. | RAMON COSTA, SOPA IMAGES/SIPA USA

Écouvillons en berne, l’Espagne a pulvérisé ses records avec 180 000 nouveaux cas de Covid-19, mercredi. Un taux d’incidence à faire blêmir : jusqu’à 7 156 cas pour 100 000 habitants en Navarre… Des hôpitaux plus saturés que jamais, mais remplis de 40 % de patients positifs arrivés « avec le Covid » et non « à cause du Covid ». Car avec Omicron, les cas pullulent, mais s’avèrent moins graves. Et la situation reste gérable en soins intensifs.

D’où le virage amorcé lundi par le Premier ministre socialiste Pedro Sánchez : Nous devons envisager l’évolution du Covid-19 vers une maladie endémique. ​Autrement dit, comme une mauvaise grippe ou un gros rhume. L’idée serait donc de laisser circuler le virus, tout en continuant de prôner la vaccination ». Dans ce pays lourdement endeuillé (90 620 décès), 82 % des plus de 12 ans ont déjà eu deux doses. Et Madrid a autorisé, jeudi, une 4e injection pour les personnes immunodéprimées.

Mais le moment est venu de laisser les asymptomatiques tranquilles, martèle l’un des trois principaux syndicats de généralistes. Pour la Semfyc, tester tous azimuts paralyse les entreprises, vide les écoles et engorge les cabinets médicaux, privant de soins et de prévention les autres patients ».

Radicale, la Semfyc suggère de ne plus isoler les malades, renoncer au masque et… accepter qu’un certain nombre de morts du Covid soient inévitables chaque année. Comme c’est le cas pour la grippe, le tabagisme ou les accidents de la route.

À mots plus feutrés, la ministre de la Santé, Carolina Darias, tente déjà de convaincre ses homologues européens qu’il n’est plus nécessaire de tester à tout-va. Le dépistage de leurs patients par un réseau de médecins généralistes et hospitaliers suffirait à établir un échantillon significatif de l’épidémie. C’est déjà l’usage pour la grippe.

Reste à convaincre l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui tient à voir remonter des statistiques les plus complètes possible. Nous n’en sommes pas au point de pouvoir qualifier le Covid-19 d’endémique », a tempéré, mardi, Catherine Smallwood, responsable des situations d’urgence à l’OMS Europe.

 

Un peu de patience, suggère aussi Marco Cavaleri, chef de la stratégie vaccinale à l’Agence européenne des médicaments : Personne ne sait quand nous serons au bout du tunnel. Mais avec Omicron et l’augmentation de l’immunité dans la population, nous avançons rapidement vers un scénario plus proche » du Covid-19 comme banal virus.

Source : https://www.ouest-france.fr/europe/espagne/pourquoi-l-espagne-songe-a-traiter-le-covid-19-comme-une-grippe-a08593f2-7559-11ec-9c0f-7017d87d73ec

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