Russiagate : l’avocat de Clinton a manipulé le FBI pour influencer l’élection, selon le procureur

Le procès de l’avocat de la campagne Clinton s’ouvre aux Etats-Unis. Il n’avait pas révélé au FBI qui était son employeur lorsqu’il a mis l’organisation sur la piste des accusations – infondées – de collusion entre Donald Trump et une banque russe.

«Le mensonge de l’accusé faisait partie d’un plus grand plan. […] Il s’agissait d’un plan visant à créer une “surprise d’octobre” à la veille de l’élection» : le 17 mai, les procureurs qui collaborent avec le procureur spécial John Durham ont exposé leurs arguments contre l’avocat de la campagne d’Hillary Clinton, Michael Sussmann, lors des déclarations préliminaires de son procès

Michael Sussmann, ancien procureur fédéral et surtout ex-associé du cabinet d’avocats Perkins Coie, dont la campagne Clinton était le client en 2016, est accusé par les équipes de John Durham d’avoir comploté «pour insérer le FBI dans une élection présidentielle» en colportant une rumeur sur les supposés liens de Donald Trump avec la Russie – dont il est désormais prouvé qu’elle était infondée –, huit semaines avant le jour du scrutin.

Plus précisément, les procureurs affirment que Michael Sussmann a menti en ne révélant pas lors de son entretien avec le FBI le 19 septembre 2016 qu’il travaillait pour la campagne de la candidate démocrate Hillary Clinton. Selon l’acte d’accusation, il a prétendu lors de ce rendez-vous ne représenter aucun client particulier et s’est présenté comme un simple citoyen inquiet. Michael Sussman se trouve être un élément clé dans la diffusion du dossier Steele alléguant, entre autres, un lien entre Donald Trump et une banque russe (Alfa Bank). Une fausse information totalement débunkée depuis, y compris par le FBI lui-même.

Face aux jurés le 19 mai, l’agent du FBI qui a rencontré Michael Sussman a expliqué qu’il n’aurait pas organisé cet entretien s’il avait eu connaissance des liens entre l’avocat et la campagne Clinton : «Cela soulèverait certainement de très sérieuses questions,  dans mon esprit, sur la crédibilité de la source et la véracité de l’information – augmentant la possibilité que l’on se joue de nous ou nous entraîne dans la politique.»

Michael Sussman est un des personnages centraux de l’enquête du procureur spécial John Durham, qui traque depuis 2019 les fautes qu’auraient commises par le FBI dans l’enquête initiale Trump-Russie menée par le conseiller spécial Robert Mueller. Trois ans après avoir empoisonné le mandat du président républicain et les relations russo-américaines, l’enquête Mueller a conclu en 2019 qu’il n’existait aucune preuve d’une conspiration criminelle entre la campagne Trump et la Russie.

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