Séroprévalence des anticorps anti-SRAS-CoV-2 chez les chiens de France à l’aide d’ELISA et d’un test automatisé de western blotting

Résumé

Les chiens sont occasionnellement sensibles au SARS-CoV-2, développant peu ou pas de signes cliniques.

La surveillance épidémiologique du SARS-CoV-2 chez le chien nécessite des tests permettant de le distinguer des autres coronavirus canins. L’année dernière, des progrès significatifs ont été réalisés dans le diagnostic du SRAS-CoV-2, permettant sa surveillance dans les populations humaines et animales. Ici, à l’aide de tests ELISA et de western blotting automatisé (AWB), nous avons réalisé une étude longitudinale sur 809 chiens apparemment sains provenant de différentes régions de France afin de rechercher les anticorps anti-SARS-CoV-2. Il y avait trois groupes principaux : (i) 356 chiens échantillonnés une fois avant la pandémie, (ii) 235 chiens échantillonnés une fois pendant la pandémie, et (iii) 218 chiens, dont 82 chiens échantillonnés deux fois (avant et pendant la pandémie), 125 chiens échantillonnés deux fois pendant la pandémie et 11 chiens échantillonnés trois fois (une fois avant et deux fois pendant la pandémie). Grâce au test ELISA, la séroprévalence était significativement plus élevée pendant la pandémie [5,5 % (25/453)] que pendant la période pré-pandémique [1,1 % (5/449)]. Parmi les 218 chiens échantillonnés deux fois, au moins 8 séroconversions ELISA ont été observées. Les sérums pré-pandémiques positifs au test ELISA n’ont pas été confirmés par des tests sériels par AWB, indiquant une possible réactivité croisée ELISA, probablement avec d’autres coronavirus canins. Une différence significative a été observée entre ces deux tests sérologiques (Q = 88, p = 0,008). Une corrélation claire a été observée entre la séroprévalence du SRAS-CoV-2 chez les chiens et l’incidence de l’infection par le SRAS-CoV-2 dans la population humaine de la même région. Le test AWB pourrait être utilisé comme test de deuxième intention pour confirmer les résultats douteux et discordants du test ELISA chez les chiens. Nos résultats confirment les modèles expérimentaux précédents concernant la sensibilité des chiens au SARS-CoV-2, suggérant que la transmission virale à partir des chiens et entre eux est faible ou absente. Toutefois, les nouveaux variants à mutations multiples pourraient s’adapter aux chiens ; cette hypothèse ne peut être écartée en l’absence de données génomiques sur le SARS-CoV-2 chez le chien.

Conclusion

Le test AWB, précédemment normalisé comme méthode de première ou de deuxième intention pour confirmer le diagnostic du SRAS-CoV-2 chez les patients humains, pourrait également être utilisé comme test de deuxième intention pour confirmer les résultats négatifs, douteux et discordants du test ELISA chez les chiens. Ces résultats, ainsi que ceux des précédents modèles expérimentaux du SRAS-CoV-2 chez le chien, confirment la réceptivité du chien à l’infection par le SRAS-CoV-2. Ils suggèrent également l’absence de transmission du virus des chiens infectés aux chiens non infectés ainsi qu’aux humains. En l’absence de données génomiques sur le SARS-CoV-2 chez le chien, l’hypothèse selon laquelle de nouveaux variants du SARS-CoV-2 présentant des mutations multiples dans la protéine spike pourraient induire une adaptation du virus au chien ne peut être écartée.

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