Situation en Ukraine : Zelensky «voulait la guerre», selon Lula

Lula à Sao Paulo le 1er Mai (image d'illustration).

Pour l’ancien président brésilien de gauche, Volodymyr Zelensky est «autant responsable» de la situation en Ukraine que Vladimir Poutine car il n’a pas suffisamment négocié.

L’ancien président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a affirmé que le chef d’Etat ukrainien Volodymyr Zelensky était «autant responsable» du conflit dans son pays que son homologue russe Vladimir Poutine, dans un entretien au magazine américain Time publié le 4 mai.

Je vois le président ukrainien être applaudi debout par tous les Parlements [du monde]. Mais ce type est aussi responsable que Poutine. Une guerre n’a jamais un seul coupable

«Je vois le président ukrainien être applaudi debout par tous les Parlements [du monde]. Mais ce type est aussi responsable que Poutine. Une guerre n’a jamais un seul coupable», a déclaré le candidat à la présidentielle d’octobre au Brésil, selon des propos rapportés par l’AFP. «Il voulait la guerre. S’il n’en voulait pas, il aurait négocié un peu plus», a-t-il ajouté.

Washington trop peu engagé en faveur de la paix ?

Lula a également jugé le comportement de Volodymyr Zelensky «étrange» : «On dirait qu’il fait partie d’un spectacle. Il est à la télé matin, midi et soir, au Parlement anglais, français, allemand, comme s’il était en campagne. Il devrait être plus préoccupé par la table des négociations.»

Il voulait la guerre. S’il n’en voulait pas, il aurait négocié un peu plus

L’icône de la gauche brésilienne a accusé par ailleurs les puissances occidentales d’«inciter à la haine contre Poutine».

«Si on stimule Zelensky, lui-même pense qu’il est le meilleur. En fait, il aurait fallu lui dire sérieusement : “mon gars, tu es un bon humoriste, mais on ne va pas faire une guerre pour que tu puisses te donner en spectacle”. Et dire à Poutine. “Tu as plein d’armes, mais tu n’as pas besoin de les utiliser contre l’Ukraine. Allons discuter !”», a-t-il insisté.

Lula, 76 ans, qui a présidé le Brésil durant deux mandats, de 2003 à 2010, pointe du doigt le président américain Joe Biden qui, selon lui, n’a «pas pris la décision correcte» au sujet du conflit en Ukraine. «Les Etats-Unis ont un poids très important et auraient pu éviter le conflit […]. Biden aurait pu participer davantage, il aurait pu prendre l’avion pour Moscou et parler à Poutine. C’est ce genre d’attitude qu’on attend d’un leader», a lancé le Brésilien.

L’ONU remise en question 

L’ONU en a également pris pour son grade. «Il est urgent de créer une nouvelle gouvernance mondiale. L’ONU ne représente plus rien, elle n’est plus prise au sérieux par les dirigeants. Poutine a envahi l’Ukraine de façon unilatérale, sans consulter l’ONU», a-t-il déploré.

La Russie a lancé une «opération militaire spéciale» en Ukraine le 24 février, visant notamment à «dénazifier» le pays et à porter secours aux Républiques autoproclamées du Donbass. Cette décision survient après des années de tensions avec son voisin, Moscou accusant notamment Kiev de ne pas respecter les accords de Minsk, censés permettre une sortie de crise au Donbass. Vladimir Poutine a également pointé du doigt les pays occidentaux, favorisant selon lui un nationalisme ukrainien agressif envers la Russie. «Le problème est que […] sur nos propres territoires historiques, une “anti-Russie” est en train d’être créée, qui a été placée sous un contrôle extérieur total, qui est colonisée de manière active par les forces armées des pays de l’OTAN et où il y a un afflux d’armes les plus modernes», avait notamment accusé Vladimir Poutine dans son allocution du 24 février. 

Depuis, la Russie a entre autres exigé de l’Ukraine la reconnaissance de sa souveraineté sur la Crimée, la reconnaissance de l’indépendance des Républiques autoproclamées de Lougansk et de Donetsk, et un statut neutre pour l’Ukraine. Les pourparlers se sont enchaînés depuis sans grand succès, bien que Vladimir Poutine a encore déclaré le 3 mai lors d’un entretien téléphonique avec Emmanuel Macron que la Russie était toujours «ouverte au dialogue». 

Source : RT