Un Étaplois a-t-il été victime d’un effet secondaire du vaccin contre le Covid ?

Une audience en référé au tribunal judiciaire de Boulogne-sur-Mer se tient ce mercredi matin. La justice se penchera sur le cas d’un Étaplois de 37 ans tombé malade après avoir été vacciné contre le Covid avec du Pfizer. Son avocat Bernard-Marie Dupont demandera à la justice la réalisation d’une expertise médicale approfondie pour vérifier s’il y a un lien.

Jean-Philippe Becquelin, ce mardi matin, dans sa maison sur les hauteurs d’Étaples.

Sa vie bascule

Tout allait bien dans la vie de Jean-Philippe Becquelin jusqu’à cette fin du mois de mai 2021. Le marin-pêcheur de 37 ans se trouve à bord du chalutier Glorieuse Immaculée en mer du Nord. Depuis plusieurs jours, il a remarqué la présence de grosses ecchymoses à différents endroits de son corps. « Au départ, je ne me suis pas inquiété, il arrive qu’à bord du bateau on se cogne », explique l’Étaplois. À son retour à terre, il consulte son médecin. Celui-ci lui prescrit un bilan sanguin complet. Le résultat tombe comme un couperet autour du 1er juin : le sportif à la vie saine, sans antécédents médicaux, souffre d’un effondrement de son taux de plaquettes sanguines. Cela se manifeste par des taches cutanées, sorte de gros bleus. Alors que le taux normal est compris entre 150 000 et 400 000 par mm³, le sien a chuté à 15 000. Sa santé est en danger.

Un état de santé fragile…

L’Étaplois se voit prescrire un arrêt de travail. Presque un an après, il n’a pas repris et ne remontera peut-être jamais sur un bateau de pêche. Son état de santé est fragile. « On a beaucoup de mal à stabiliser mon taux de plaquettes qui fait du yo-yo, explique Jean-Philippe Becquelin, ce mardi matin. C’est une lutte permanente. Le traitement actuel avec le plus fort dosage du médicament Revolade semble mieux fonctionner, mes plaquettes sont remontées à 124 000, mais c’est fragile. »

Les nombreux examens médicaux effectués au centre hospitalier Duchenne et au CHU de Lille ont décelé qu’il souffrait de thrombopénie, une maladie qui entraîne un purpura (les taches cutanées) et un risque hémorragique majeur en cas de blessures ou de coupure puisque les plaquettes sont insuffisantes pour faire coaguler le sang.

Une vie sociale compliquée

La vie du père de famille – il a trois enfants – est devenue du jour au lendemain très compliquée. « Je dois faire des prises de sang plusieurs fois par semaine pour surveiller mon taux de plaquettes. Je le sens tout de suite à mon état de fatigue. Le sport, j’ai dû le mettre entre parenthèses. La seule chose que je m’autorise c’est un footing léger. Mais il ne faut pas que je me blesse en chutant car je risque une hémorragie. » Le jeune homme doit désormais tout prévoir et tout anticiper. Comme ne pas trop s’éloigner d’un hôpital quand il part en vacances.

Un lien avec le vaccin Pfizer ?

Quelques jours avant de ressentir les premiers symptômes de sa maladie, Jean-Philippe Becquelin a reçu une dose du vaccin Pfizer contre le Covid. Pour son avocat Bernard-Marie Dupont, « un vaccin est un médicament. Au niveau factuel, on sait qu’après avoir reçu une dose de Pfizer mon client est tombé malade. U ne expertise médicale pointue doit être menée pour vérifier s’il y a un lien de cause à effet entre la vaccination et l’apparition de la maladie. » C’est ce qu’il plaidera ce mercredi matin, en référé, au tribunal judiciaire de Boulogne-sur-Mer. « Aujourd’hui, sa vie a été bouleversée. Il ne peut plus travailler, il n’a plus de revenus, à l’exception de ceux de son épouse. Son statut de victime doit être reconnu. » La décision de justice est attendue dans les quinze jours qui suivent l’audience.

Source : https://www.lavoixdunord.fr/1159551/article/2022-03-29/un-etaplois-t-il-ete-victime-d-un-effet-secondaire-du-vaccin-contre-le-covid

Covid : Pfizer pas opposé à une expertise médicale de l’Étaplois tombé gravement malade

Le tribunal de Boulogne s’est penché, cette semaine, sur le cas d’un Étaplois qui a déclaré une maladie grave après sa vaccination contre le Covid. Mercredi, il sera fixé sur la suite de cette affaire qui l’oppose à Pfizer.

Le procès, ce n’est pas encore pour tout de suite. Mais mercredi s’annonce tout de même décisif pour Jean-Philippe Becquelin, un Étaplois de 37 ans atteint d’une forme grave de purpura. Il saura alors si la justice ordonne l’expertise médicale qu’il réclame par la voix de son avocat, Maître Bernard-Marie Dupont.

Bernard-Marie Dupont est avocat, mais aussi médecin généticien et hématologue. Il défend le cas de l’Étaplois gravement malade aujourd’hui. PHOTO ARCHIVES

Un dossier étudié à la loupe depuis un an

Ce dernier ne s’est pas intéressé par hasard au cas du marin pêcheur, au repos forcé depuis mai 2021. L’avocat, inscrit au barreau d’Arras depuis 10 ans, est également médecin généticien et hématologue. Il entend d’ailleurs lever toute ambiguïté : « Je suis provax, assure-t-il. Et je continue de penser que la stratégie vaccinale adoptée en France était la seule capable d’endiguer l’épidémie, en dehors de toute considération politique. C’est d’ailleurs comme ça que j’ai débuté mon argumentaire devant la cour de Boulogne. »

Ce dossier, il l’étudie depuis un an. Il dit avoir épluché les résultats et analyses médicales du père de famille dont la vie est aujourd’hui bouleversée par la maladie. « Notre chance, c’est qu’il faisait régulièrement des bilans, comme il embarquait en mer. On a pu ainsi remonter loin. J’ai aussi cherché du côté de ses antécédents familiaux, sans rien trouver d’anormal », soutient l’avocat.

Devant ce cas inexpliqué, il a décidé d’opposer l’article 145 du code civil. « Il permet de demander à la justice, avant d’entamer tout procès, des éléments complémentaires pour confirmer les faits. C’est important pour ensuite établir un lien d’imputabilité », avance-t-il prudent. Mais déterminé : « À l’issue de l’expertise, évidemment, je veux aller au bout, et engager une procédure sur le fond. »

Le groupe pharmaceutique Pfizer ne s’oppose pas à l’expertise médicale réclamée par l’Étaplois, mais rappelle qu’aucun lien de causalité ne peut être établi à ce jour. Photo archives SAMI BELLOUMI

Le groupe pharmaceutique Pfizer ne s’oppose pas à l’expertise médicale réclamée par l’Étaplois, mais rappelle qu’aucun lien de causalité ne peut être établi à ce jour. Photo archives SAMI BELLOUMI – VDNPQR

 

Aucune autre procédure en cours

L’audience au cours de laquelle il a défendu l’intérêt d’une expertise médicale a eu lieu mercredi. La décision sera rendue ce 6 avril. A priori, elle devrait être favorable à la demande de l’Étaplois. Car même le laboratoire n’est pas contre. « Pfizer ne s’oppose pas à la conduite d’une expertise médicale, tout en défendant et réservant ses droits, aucun lien de causalité n’étant établi à ce jour avec la vaccination », défend la communication du groupe pharmaceutique.

Celui-ci avance, par ailleurs, « qu’avec des centaines de millions de doses du vaccin Pfizer-BioNTech contre le Covid-19 administrées dans le monde, le profil bénéfice-risque de notre vaccin reste positif pour toutes les indications et les groupes d’âge approuvés ». Il rappelle aussi qu’il « travaille en étroite collaboration avec les autorités de santé pour suivre et analyser les remontées d’effets indésirables liés au vaccin ».

En France, ceux-ci sont d’ailleurs régulièrement mis à jour.

Selon Pfizer, « aucune autre procédure d’expertise judiciaire relative aux types d’effets allégués par ce demandeur n’est en cours ».

Source : https://www.lavoixdunord.fr/1161078/article/2022-04-01/vaccination-covid-pfizer-s-exprime-sur-le-cas-de-l-etaplois-tombe-gravement