Vaccin Covid-19 : une étude toulousaine montre un risque de myocardite chez les adolescents

Une nouvelle étude vient de lever le voile sur le risque de myocardite et péricardite chez les adolescents suite à la vaccination contre la Covid-19.

Cela fait maintenant quelques mois que les adolescents âgés de 12 à 17 peuvent se faire vacciner. Des interrogations persistent tout de même concernant le risque de développer une inflammation du muscle cardiaque chez cette partie de la population à la suite de la vaccination avec des vaccins à ARN messager. Une récente étude toulousaine s’est d’ailleurs intéressée à ce sujet et révèlent notamment l’existence de ce phénomène, mais surtout un risque plus important après la deuxième dose, principalement chez les garçons.

Le risque de myocardite chez les adolescents suite à la vaccination contre la Covid-19

Dans une étude publiée fin novembre dans le European Heart Journal, des chercheurs toulousains se sont intéressés aux risques de déclarer une myocardite et/ou une péricardite chez les adolescents âgés de 12 à 17 ans suite à l’injection d’une ou deux doses de vaccin à ARN messager, soit Pfizer ou Moderna. Pour rappel, la myocardite est une inflammation du muscle cardiaque et la péricardite, une inflammation du sac fibreux entourant le cœur. À titre d’information, cette étude a été menée par des membres des services de pharmacologie médicale et de cardiologie (adulte et pédiatrique) du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Toulouse.

Dr François Montastruc, médecin pharmacologue au centre de pharmacovigilance du CHU de Toulouse et principal investigateur de l’étude, explique ainsi : « Nous avons analysé toutes les déclarations d’effets indésirables à partir de données issues de la base mondiale de pharmacovigilance et principalement de pays européens (France, Allemagne, Espagne, Italie, Royaume-Uni), jusqu’au 14 septembre 2021. Nous avons plus précisément regardé les déclarations de myocardites et péricardites qui semblaient être plus fréquentes chez les jeunes ».

Suite à ces analyses, Dr Montastruc déclare « Parmi les 4 942 déclarations analysées chez les adolescents, nous avons identifié 242 déclarations de myocardites ou péricardites. Parmi ces déclarations, dans huit cas sur dix, une hospitalisation était nécessaire. Le délai moyen d’apparition des premiers symptômes était de 4 jours après la première dose et de 3 jours après la deuxième ». Il ajoute par la suite que le risque de déclarer une myocardite ou péricardite est cinq fois plus important à la suite de la deuxième dose par rapport à la première. De plus, on apprend que « le risque de déclarer une myocardite ou péricardite est dix fois plus important chez les garçons que chez les filles que ce soit à la première ou à la deuxième dose ».

Dr François Montastruc déclare par la suite que les résultats de cette étude ne permettent pas de quantifier le risque de développer ces pathologies et ne remettent pas en cause la balance bénéfices/risques de la vaccination contre la Covid-19. Il tempère en déclarant : « Notre travail n’est pas une alerte mais un élément d’information ».

Source : https://www.24matins.fr/vaccin-covid-19-une-etude-toulousaine-montre-un-risque-de-myocardite-chez-les-adolescents-1332597?