Vaccins: le doute est-il encore permis ?

Les tableaux contrastés d’Israël et de l’Inde devraient nous amener à nous interroger sur la pertinence des campagnes de vaccination, écrit le virologue Jean-Michel Claverie. Oui, mais voilà : dans la confusion actuelle, ceux qui doutent sont vite assimilés à des complotistes ou des ignares…

Triste rentrée. Le Covid est toujours là et nous accueille de retour de vacances dans un contexte de confusion grandissante.

Israël, un des pays le mieux vaccinés (150doses/100 habitants) et dont les contraintes sanitaires ont été parmi les plus sévères, se débat maintenant avec quatre fois plus d’infections journalières que la France
(1.000/million), sans que personne ne comprenne pourquoi.

Même incompréhension dans l’autre sens, avec l’Inde, qui dénombre cinq fois moins de
décès par million d’habitants (0,36) que la France (2), avec un taux de vaccination de
seulement 10 %.

Adepte du « en même temps », le PDG de Pfizer, aussitôt suivi par la plupart des gouvernements occidentaux, assure que son vaccin est toujours efficace contre le variant Delta, mais recommande une
troisième dose. Les rebonds épidémiques seraient dus à une (trop) faible persistance de l’immunité.

Cette obsolescence (non programmée !?) ne devrait-elle pas entraîner une révision des contrats plutôt qu’une hausse des tarifs (actée) ? Elle est pourtant la conséquence d’un recul insuffisant des essais
cliniques.

Situation complexe et chaotique

Ce vaccin, qui n’empêche ni l’infection ni la contagion, doit-il rester la seule solution vers une éradication du virus désormais élusive, alors que l’immunité naturelle beaucoup plus large et durable acquise par
les jeunes (mineurs et enfants) au terme d’une infection souvent asymptomatique est maintenant avérée ?

Et le « passe sanitaire », autorisant le mélange de vaccinés infectés avec des non vaccinés sains, est-il encore justifié ? Et quid de la vaccination obligatoire des soignants s’ils peuvent toujours infecter les
patients ?

Face à cette situation complexe et chaotique, il semblerait raisonnable de prôner une réflexion aussi large que possible, réhabilitant la pratique contradictoire du doute, concept fondateur de la science
moderne.

Or on assiste au contraire.

Dans un amalgame avec les tenants du complotisme et les ignorants, ceux qui doutent, de par leur expertise même, sont désormais censurés par les médias, vilipendés par les ministres, accusés de
trahison par les sociétés savantes.

Attention : la science « officielle » n’a jamais fait bon ménage avec la vérité !

Jean-Michel Claverie (Virologue)
Publié le 3 sept. 2021 à 14:00

Source : https://www.lesechos.fr/idees-debats/sciences-prospective/vaccins-le-doute-est-il-encore-permis-1343177

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